Le marketing n’est pas fait que de « fun ». Considérons que c’est un art. Comme tout art, il y a un style académique. Celui qu’on vous enseigne à l’université, ou autres écoles de commerce. Picasso, ce génie de la peinture abstraite, excellait déjà dans l’académique, avant de pouvoir se concentrer sur sa vraie nature de peintre. L’académique fait partie des bases. Avoir un don, c’est bien, avoir des bases avec, c’est mieux.
Mais arrêtons de tourner autour du pot.
Oui, l’art de bien communiquer, de bien vendre un produit, marque ou service, est très souvent constitué d’une partie créative passionnante, de rencontres tout aussi prenantes, et de découvertes permanentes. Mais tout cela dépend du produit qui est à vendre. Certains produits sont vendus avec des pincettes. Et c’est pas si drôle que ça…
Il existe en effet des industries dont l’image est vraimment trop négative pour être communiquée de façon originale ou massive. Chaque action de communication y relève de la communication de crise…
En écrivant ce paragraphe, je pense au fabuleux film « thank you for smoking », qui explique de façon remarquable les positions de l’industrie du tabac face à ses détracteurs, et la façon dont ils « markètent » leurs produits de façon indirecte.
Hé bien avec quelques camarades de classe, je me retrouve confronté à une étude de cas similaire. L’étude académique d’un produit dans lequel je ne me retrouve pas (mais alors vraiment pas) du tout, et qui représente un exercice des plus délicats. Un étude de cas sur l’industrie de la fourrure. Je ne vous raconte pas à quel point ce thème me hante et m’angoisse. En plus de partir avec un à priori négatif sur le produit, il se trouve que la fourrure animale se trouve définitivement être un des produits les plus ardus auquel j’ai pu être confronté. Je pense que même la cigarette serait plus facile à vendre à l’heure actuelle.
Je suis un producteur de fourrure à partir de maintenant. Oui, ça me fait mal, mais c’est comme ça : on ne vend pas toujours ce qu’on veut vendre…
Plusieurs facteurs expliquent d’après nos premières recherches, le casse-tête que représente la commercialisation de la fourrure (liste non exhaustive : si vous voyez d’autres problèmes n’hésitez pas à me le signaler) :
– Aux premières loges, évidemment, les organismes défenseurs des animaux, comme la PETA, ou WWF. C’est très simple, à l’inverse, de communiquer très efficacement CONTRE les producteurs.
- La production illégale de plus en plus courante de fourrures animales, dans les Pays de l’Est, et la cruauté dont on fait preuve dans ces fermes clandestines, dont les images sont de plus en plus relayées sur les autoroutes de l’information, portant préjudice à l’industrie entière. (Qui est selon moi, le plus gros problème de fond. Plus détails là : âmes sensibles s’abstenir.)
- Le manque de nouvelles gammes de produits plus adaptées au marché, l’image que dégage le port d’un manteau de fourrure : snob, kitsch, ringard, embourgeoisé… Même sur Jennifer Lopez, ça ne passe pas.
- Le fait que le produit soit encore un artifice : on ne mange pas l’animal qui produit en général la fourrure. C’est « plaisir », pas une nécessité…
- La production de fourrure de synthèse. Modelable à souhaits, mais très polluant.
Ã? chaque problème sa solution. Soit. Mais dans ce cas là , j’ai l’impression que chaque solution engendre un nouveau problème…
J’ai lu sur Wikipédia, qu’il existe une charte du bien-être animal. Si l’on pouvait la résumer en cinq points, ça ressemblerait à ceci :
- Absence de douleur, lésion ou maladie.
- Absence de stress climatique ou physique.
- Absence de faim, de soif ou de malnutrition.
- Absence de peur.
- Possibilité dâ??exprimer des comportements normaux, propres à chaque espèce.
Si les producteurs de fourrure naturelle suivaient ces principes, en mettant en avant un système de traçabilité, et ce de façon transparente, je pense que ça ferait du bien à toute l’industrie. Je suis à peu près sur que ça à déjà été mis en place, mais personne n’est au courant…
Je pense que c’est une bonne piste, mais j’aimerais sincèrement avoir votre avis sur la question. Si l’animal que l’on tue est traité avec « dignité » (oui, c’est con de parler de dignité quand on sait que la bestiole va mourir), est ce que ça pourrait avoir une incidence sur le consommateur ?
Sacré défi ce coup là … Des dossiers de commercialisation pour des lecteurs mp3, des barres chocolatées, ou des baskets je pourrais en pondre un tous les soirs… mais là …




Historiquement, l’Homme avait besoin de fourures pour se tenir chaud… Pour accepter et faire accepter le port de fourrure, il faudrait non seulement se justifier de normes strictes (respect de l’animal) mais pas seulement.
Le problème qui se pose est de ne tuer un animal que pour sa fourrure (avec tous les excès qui vont avec).
En fait, tu as raison, c’est difficile de vendre ce genre de « produit de luxe » reservé à un plaisir, et non une necessité.
Même si on choisissait d’attaquer les zones de grand froid -un segment apparemment qui justifie la présence du produit- je ne suis pas sûr que les autres manteaux actuels ne soient pas mieux.
En tout cas, je conseillerais plus l’artisanat que la grosse entreprise (genre l’image avec les anmiaux sur un tapis roulant…)
Bonne chance en tout cas !
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salut oliv’
une donnée importante et qui corse encore les choses, c’est que les fourreurs doivent dépecer l’animal vivant (ça doit piquer !) pour préserver la qualité de la fourrure.. ce qui n’arrange pas leurs problèmes en termes de communication..
En tout cas cette étude de cas est très intérressante !!! tiens nous au courant de tes conclusions.. et bon courage pour cette défense de l’indéfendable !!!
@Kevin : J’ai un peu de mal à concevoir qu’on puisse vendre de la fourrure animale en prétextant qu’il s’agit d’un besoin primaire à l’heure actuelle… Le besoin historique de se tenir chaud je pense pas que ça passe. Par contre, je suis d’accord avec toi sur l’artisanat… Mais pas l’artisanat des pays de ‘Est, si tu vois ce que je veux dire…
@JB : Il y a d’autres moyens pour préserver la qualité de la fourrure. Notemment l’utilisation de sédatifs ou poisons qui gardent le sang chaud…
Mais justement, ta réaction est intéressante parceque cet argument a été utilisé plusieurs fois par les organismes de défense animale, et c’est ce qu’on retient. Tu serais prêt à donner une autre chance à l’industrie de la fourrure (au niveau image, je te demnde pas d’en porter hein…) si tu savais que ce que tu portes a été bien traité, n’a pas souffert, n’as pas été sous-alimenté etc. ? C’est pas pire que ce qu’on fait aux poulets dans le fond…
>>(au niveau image, je te demnde pas dâ??en porter heinâ?¦)
ouf
j’ai ni l’envie ni les moyens !
ouep vis à vis des sédatifs et tout déja c’est pas pareil.. c’est plutot l’aspect atroce du truc qui me gène. il suffit de visionner la vidéo (beurk, surtout après avoir mangé un cassoulet et bu quelques verres) pour comprendre les conditions dans lesquelles la plupart ou en tout cas une bonne partie des fourrures sont produites : cracra pas beau pas bien.
Oui je pense que ce milieu pourrait tenter de se refaire une réputation en communiquant sur les nouveaux modes de production des fourrures.. mais ce serait quand même tendu, car ils n’utilisent pas des poulets pas beaux pour faire des fourrures, mais de jolies hermines, des p’tits ours, des ratonslaveurs, enfin des truc sympas quoi !
Genre qui n’a pas écrasé des miliers de fourmis dans sa jeunesse, ou pissé sur des araignées et autres insectes, voire évidemment coupé les ailes d’une mouche… par contre plus rares sont ceux qui ont buté des chats ou des chiens pour tripper !
Non mais le problème c’est que les fourreurs pourront faire tous les spots qu’ils veulent ils seront super mal acceptés parce qu’il s’en prennent à des gentils tout beaux zanimaux..