Google, données privées et Canard Enchaîné

D’abord, mettons les choses au clair. J’aime la Presse. Française et internationale, en ligne ou hors ligne. Même si la plupart des journaux que je lis ne partagent pas mes opinions, j’aime la Presse dans sa globalité. J’admire le travail des journalistes, et le respecte encore plus.

image-2.pngDans la Presse française, j’ai mes favoris. Enfin, j’ai surtout un favori : Le Canard Enchaîné. Mon père l’a toujours lu, et je l’ai donc toujours lu. Pour vous dire, j’ai fait mes premières contrepétries dans l’album de la comtesse… aux alentours de 10 ans. Ceux qui connaissent riront, les autres non. Je ne me rapelle pas un mercredi sans que le journal ne fut posé sur une table de la maison. Même au Canada, quand je le trouve, je le lis. Dernier bastion de l’indépendance journalistique, roi des scandales, le Canard est et restera mon papier favori. Comme toutes les personnes qui le lisent, et qui lui sont attachées. C’est carrément une histoire de sentiments. D’ailleurs, il n’existe qu’en version papier. Et j’aurai de la peine de devoir le lire sur un écran. C’est bien ainsi.

Mais cette semaine, j’ai été assez déçu après lecture d’un article de Jean-Michel Thénard. Vraiment déçu, plus que la moyenne habituelle. Voici ce que l’on peut lire, dans cet article traitant des données des utilisateurs en ligne, intitulé « Inflation de « mouchards » sur Internet » :

Déjà, le terme « mouchard » me paraît bien fort. J’ai l’impression d’avoir un détecteur de mouvements dans mon ordi… J’ai l’impression d’être menacé.

Le début de l’article est complètement désuet. Le vieux conflit de la protection des données personnelles, face aux publicitaires. Un grand classique. La paranoïa obsolète de « Big Brother » refait surface. On en vient même à comparer les agences au gouvernement chinois…

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Ce parallèle me gêne énormément. L’optique de l’utilisation des cookies doit se faire de manière très éthique par les boites de communication. C’est vrai. Mais je trouve assez scandaleux le fait de comparer Google, Publicis et compagnie au gouvernement chinois. Le simple fait de passer directement de l’un à l’autre est insultant… Comme s’ils avaient le même but.

C’est bien trop alarmiste, en comparaison du « risque » encouru par nos foyers. Je pense que c’est ce qui m’a le plus gêné en fait… le ton alarmiste… Ils savent tout, régissent nos vies, nous sommes surveillés et blablabla…

Ce passage m’a rappelé le jour où avec Jen on est allés à la FNAC acheter un bouquin, et qu’un homme expliquait à la vendeuse qu’il refusait d’utiliser les boites mail, car il était contre le « fichage ». Blaireau. Une conséquence bien naïve de cette paranoïa ambiante sur Internet. C’est comme ça qu’on fait avancer les choses…

Non, les moteurs de recherches ne sont pas une menace pour la société, au contraire. Oui, si la CIA ou n’importe quel service secret a besoin d’un renseignement sur l’activité d’une personne, dans le cadre d’une enquête anti-terroriste, je pense qu’on peut donner le droit à Google de fournir les bonnes infos. Le débat ne tourne pas autour des journalistes emprisonnés avec l’aide de Yahoo! ou de toute autre forme de censure, il concerne la sécurité nationale. Alors si on peut éviter un remake du Métro de Londres, des attentats de Madrid ou du 11 septembre, je ne vois pas le problème.

La vente des données aux publicitaires devrait, à mon goût, faire plus de bruit, que la protection des « libertés » face aux gouvernements. (L’Union Européenne étant bien entendu reconnue pour sa cruauté). Si Internet riamait avec censure, ça ferait un bail qu’on le saurait non?

Que les journalistes soient amers après les pratiques douteuses des moteurs dans les pays brimés, je le comprends, et je hurle moi même contre la censure pratiquée en Chine. C’est clair que ça me débecte.

Mais est-ce une raison pour dénigrer systématiquement Google et comparses dans leurs actions au sein de pays libres? Parceque les ritournelles journalistiques en matière de « protection des libertés » au bout d’un moment, ça devient chiant. Peut-on comparer nos gouvernements aux régimes totalitaires sans la sensation d’avoir un restant de caca au bout des doigts?

Viens Google, moi je te les donne mes données. Même si j’ai matté bangbros plusieurs fois… Prends tout. La liberté, c’est pas ça.

Ma réaction est peut être un peu brutale. Ok, mais lisez l’article, et dites moi si vous aussi vous avez ce désagréble ressenti d’alarmisme pour pas grand chose…