Il y a quelques semaines, Randall Rothenberg (président de l’Interactive Advertising Bureau) écrivait sur ce que les américains appellent le “behavioural targeting”, que l’on pourrait traduire par “ciblage comportemental”. C’est une technique qui consiste à analyser le comportement en ligne d’un internaute, pour adapter la publicité en fonction de ses besoins. En gros, la base de donnée ne sait absolument pas qui vous êtes, mais elle sait que vous vous intéressez soit à la BD, au tuning ou aux jeux vidéos. Pour elle, vous n’êtes qu’un numéro. Un numéro qui a du goût, un âge, une nationalité, mais un numéro quand même.
Cette technique a fait le succès d’Amazon (le fameux, “vous aimerez aussi” ), ainsi que celui des adsenses de Google. Pour Randall Rothenberg, le ciblage est l’inverse du spam, et j’ai tendance à me rattacher à ses propos. Quand le principe du spam est de parvenir dans les boites mail du plus grand nombre de personne, le behavioural targeting ne s’intéresse qu’à des numéros possédant des spécificités enregistrées lors de la navigation, de façon ANONYME. Regardez :
47066231.988441075.1210450250.1210450250. 1210519428.2 , par exemple, ceci est le cookie que l’on m’a octroyé lors de mon passage sur le site d’Abercombie & Fitch (vêtements New Yorkais trop chers) .
34870451.351689648.1209676665.1210450700. 1210459301.12 Celui-ci vient de chez Canal+, parceque je regarde toujours les guignols de l’info, le petit journal, et le service après vente.
Vous voyez mon nom ? Mon adresse ? Un aspect gênant concernant de façon directe ma vie privée ? Moi pas. Grâce à ces numéros un adserver connaît mon sexe, ma tranche d’âge et mes goûts vestimentaires. Grand bien lui fasse.
Pour reprendre les propos de Mr Rothenberg :
“Spam is the advertising - and let’s be frank, the content - that characterized the entirety of the marketing-media ecosystem for most of the past century. Premised on imprecise survey research, created for the broadest possible demographic segments, designed to run on a limited set of mass media outlets, spam is a one-size-fits-all form of communications that’s irrelevant to most of the people most of the time.”
“Behavioral data is not personal. To paraphrase the famous New Yorker magazine cartoon, when you’re surfing the Internet, it’s still true that nobody knows you’re a dog. But providers can learn that you like dog biscuits, and serve you content and ads accordingly. Moreover, virtually all data collected online is behavioral - it derives from actions, not from survey responses.”
“If politicians restrict it unthinkingly, advertising relevance will diminish, and spam will have a renaissance.”
La pertinence (relevance). Voilà un mot clé à retenir.
Aux États-Unis, les politiciens sont pris d’assaut par certaines organisations anti-publicité ciblée. Des gens qui veulent visiblement d’un Internet sans publicité (ils le veulent très fort). Soit. Mais pensez à une chose : de la publicité dépend souvent la qualité du contenu de vos lectures. C’est un cercle vertueux : plus revenus => plus de rédacteurs => meilleur contenu => plus de lecteurs => publicité plus chère => plus de revenus… (ceci est une généralisation hein…)
D’autant plus que, pour désactiver les cookies, ça prend deux clics. Tu ne veux pas ête “espionné” ? préférences > vie privée > désactiver les cookies.
Alors que le Web grouille encore de malwares, ghosts servers et autres merdes, j’ai très envie de dire à ces utopistes du Web d’arrêter de fanstasmer sur des problèmes qui n’en sont pas, et de penser à aller de l’avant. Les eaux qui stagnent ça finit par puer.








Très intéressant ton article, et très “pertinent”. Je pense aussi que la publicité, lorsqu’elle est ciblé et non intrusive, est un atout du web. D’ailleurs, sans elle, rien ou presque ne serait gratuit!!!
Roman : très juste. En fait, je pense que ce sont les mots qui font peur… “ciblage comportemental”, ça sonne très “espion”… comme si l’on entrait dans l’intimité alors qu’en fait, il ne s’agit que de croisement de données liées à la navigation…
Bonjour
En effet la sémantique “ciblage” n’est pas idéale. Toutefois nous parlons de plus en plus de publicité comportementale ou de marketing comportemental.
Mais l’objectif reste de le même: ne pas lasser l’internaute avec des publicité qui ne sont pas en affinité avec leurs centres d’intérêt, pour ne pas “abimer” la marque. Donc moins de pub pour l’internaute