Facebook : un pas en avant, trois pas en arrière

Ce n’est pas un scoop, ni une nouvelle capitale, mais j’ai pensé qu’il était nécessaire de partager avec vous mon opinion sur l’abandon des nouveaux termes d’utilisation de Facebook, annoncé avant-hier.

Je l’avais parié. Je l’avais dit autour de moi, j’en étais persuadé : lorsque le 4 février dernier, Facebook annonçait un changement dans ses termes d’utilisation, les utilisateurs allaient remettre cette proposition en question. Il en avait été de même pour le projet de monétisation « beacon » il y a quelques mois, ainsi que pour la création du « news feed », plus anciennement. Dès lors que ce changement touchait à la confidentialité, et aux droits des utilisateurs sur les données, il y aurait des conséquences. C’est systématique. c’est un peu comme les grèves générales en France à l’annonce de réformes importantes.

Cela me rassure, et me gène un peu. En effet, même si les changements effectués étaient « mineurs », et ne tenaient en fait qu’à la « possession » des données, ils ont tout de même réussi à faire lever les voix d’utilisateurs effrayés. (Dieu seul sait pourquoi). En revanche cela a permis, entre autres, de renouveler l’esprit et la ferveur démocratique qui règne sur le réseau social le plus large du monde. Mais, ça, c’est une autre histoire.

Ce qui me gène, c’est que c’est un article d’une association de consommateurs, qui a jeté un pavé dans la mare, plus d’une semaine après l’annonce des changements, de la façon la plus stupide qui soit, avec de gros titres accrocheurs, histoire de bien foutre la peur au ventre des utilisateurs les plus naïfs. Les raisons d’une mise à jour étaient nécessaires, et celles-ci n’étaient pas forcément plus mauvaises que les premières.

Comme le dit Mark Zuckerberg :

« People want full ownership and control of their information so they can turn off access to it at any time. At the same time, people also want to be able to bring the information others have shared with them—like email addresses, phone numbers, photos and so on—to other services and grant those services access to those people’s information. These two positions are at odds with each other. There is no system today that enables me to share my email address with you and then simultaneously lets me control who you share it with and also lets you control what services you share it with. »

Comment peut-on vouloir disposer pleinement de TOUTE l’information nous concernant, tout en voulant, dans un même temps, contrôler ladite information rendue disponible à d’autres parties (sites, personnes, services) au moment où l’on se désinscrit ?

C’est comme si l’on effaçait les « retweets » lorsqu’on coupait son compte Twitter, ou qu’on effaçait tous les emails envoyés avec une adresse mail, même dans la boite des destinataires.

Le New York Times explique :

Facebook moved swiftly to say it was not claiming to own the material that users upload. It said the terms had been updated to better reflect user behavior — for instance, to acknowledge that when a user deletes an account, any comments the user had posted on a page remain visible.

Et là encore, on a frôlé le procès (toujours vie la Times) :

The Electronic Privacy Information Center, along with 25 other consumer interest groups, had planned to file a complaint with the Federal Trade Commission on Wednesday. The complaint was going to claim that Facebook’s new rules were unfair and deceptive trade practices, because the company had repeatedly promised users that they owned their content but appeared to be saying something else in its revised terms.

C’est encore une fois l’histoire du beurre, de l’argent du beurre et de la crémière. Entre le désir de vouloir d’une part partager, de profiter des fonctionnalités avancées d’un site comme Facebook, des opportunités sociales / amoureuses / professionnelles qu’il offre, et de l’autre part, avoir un contrôle TOTAL de TOUTE l’information qui y transige, le choix est vite fait quand on voit les courbes d’adoption. Et la notion de « vie privée » s’éteint peut-être en ligne, mais aux dernières nouvelles, personne de force personne à diffuser du contenu.

Si vous avez encore un petit doute, Jean Marie a fait une traduction et une analyse très consistante du problème.

Pour conclure sur les conditions d’utilisation, et l’importance qu’elles ont auprès du Grand public (et pas seulement les lecteurs d’un consomag somme toutes bâtard) je reprend du contenu d’ Écrans :

En quelques heures, près de 30000membres se sont déjà inscrits au groupe lancé par Zuckerberg. Le nombre devrait continuer à grimper au fil des jours (ndla : on est plus de 80000 là) , mais rien n’indique qu’une fois inscrits, les utilisateurs se mobiliseront sérieusement. A titre d’exemple, les 155256 membres du groupe « Contre les cons qui restent immobiles à gauche sur l’escalator » n’ont guère fait preuve d’utilité face au problème crucial qu’ils dénoncent.

PS: Quand on voit le nombre d’abrutis, et la « hauteur » à laquelle volent les messages sur le groupe censé parler des GCU, on se rend compte que le crowdsourcing sur Facebook, c’est  pas vraiment ça…

18 Responses to Facebook : un pas en avant, trois pas en arrière

  1. Guillaume says:

    Bonjour, je tiens à réagir. Encore une fois les gens ont aussi le droit d’évoluer. Si à un moment X ils choisissent de partager via Facebook, il est normal qu’à un moment Y on leur laisse le choix de se retirer.

    J’ai l’impression que les remarques de Mr Zuckerberg sont simplistes et hors sujet. Facebook s’autorisait via ces nouvelles conditions de conserver – entres autres – toutes les données que les utilisateurs déposent sur ce réseau (donc au final celles dont il dispose et qu’il peut supprimer, pas celle d’autres sites qui auraient potentiellement accès aux données).

    Je trouve que l’explication « on s’approprie vos données et nous les conservons à vie parce que vos données sont potentiellement aussi disponibles sur d’autres sites » ne tient absolument pas debout, et est complètement absurde ! Enfin, vous rendez-vous compte des explications qu’il donne ? Pincez-moi, je rêve. C’est habillement tourné mais tout de même…

    Je ne demande pas de contrôler toute l’information. Je demande simplement que lorsque je souhaite supprimer une photo de Facebook, elle disparaisse de leurs serveurs… Je ne vois pas ce qu’il y a de choquant. Pire, je ne vois pas leur intérêt de conserver ces données ? Dans quel but ? Pour en faire quoi ? Si comme ce monsieur l’annonce, il ne souhaite pas les revendre ou s’en servir, alors pourquoi les conserver à vie ? C’est encore une fois totalement aberrant…

    Je ne comprend pas que ces questions ne vous viennent pas à l’esprit. Que vous n’analysez pas ce qui est avancé par ce jeune homme.

  2. Olivier says:

    Avez-vous essayé d’effacer votre compte ? Il ne s’agit pas de photos ou de quoi que ce soit qui se trouverait SUR votre compte, mais de tout le reste du contenu (wallposts, tags, pokes…)

    Pour ma part, il y a bien longtemps que j’ai fait une croix sur toute forme de vie privée en ligne. Ma vie privée reste privée à partir du moment où je choisis de ne pas mettre quelque chose en ligne.

    Et puis je connais un peu la valeur de l’information. Les données personnelles de « Oivier Mermet » ne valent pas grand chose, et les vôtre non plus. Personne ne prendra jamais la peine d’aller chercher des fantômes de vos photos pour analyser la façon vous vendre de la lessive, je vous rassure.

    « Je trouve que l’explication “on s’approprie vos données et nous les conservons à vie parce que vos données sont potentiellement aussi disponibles sur d’autres sites” ne tient absolument pas debout, et est complètement absurde ! »
    L’explication est un problème technique. C’est juste impossible… En quoi est ce absurde ?

  3. Guillaume says:

    « Et puis je connais un peu la valeur de l’information. Les données personnelles de “Oivier Mermet” ne valent pas grand chose, et les vôtre non plus. Personne ne prendra jamais la peine d’aller chercher des fantômes de vos photos pour analyser la façon vous vendre de la lessive, je vous rassure. »

    Alors pourquoi veulent-ils conserver ces données ? Vous n’avez pas répondu à cette question. Si ça ne les intéresse pas pourquoi ne pas les supprimer tout simplement ?

    « L’explication est un problème technique »

    Excusez-moi. En quoi est-ce un problème technique de supprimer une photo ou de supprimer une ligne dans une base de données (wallposts, tags, pokes…) ? Ces personnes nous prennent simplement pour des cons en avançant cet argument. L’aspect technique est tout simplement risible. Des ingénieurs suffisamment doués pour créer un système pouvant être accédé par 25 millions de personnes par jour, n’aurait pas la « possibilité technique » de supprimer mes données de leur système ?

    Enfin, réfléchissez ! C’est tout simplement des conneries. Ou alors qu’il m’embauche, je leur expliquerais comment faire. Arrêtez de me prendre pour un con en avançant un pseudo problème technique, il n’y en a aucun ou alors qu’il m’explique ou il est ?

    Quel est ce « problème technique » dont vous parlez ?

  4. fred says:

    Tout a fait d’accord avec Guillaume. Personnellement, je ne partage mes photos sur Facebook qu’avec mes amis, triés sur le volet. (les options le permettent)

    Je reste donc dans un partage public ‘très privé’ et parfaitement contrôlé.

    Je n’ai donc absolument pas envie que Facebook puisse avoir accès a ces données et en faire ce qu’il en veux et je ne vois pas ce qu’il y a de choquant ici.

    De plus, la logique voudrait que lorsque l’on supprime son compte, toute les information postées soient elles aussi supprimées.

    Pour finir, je pense que le partage ET la vie privée sur Internet sont 2 choses tout a fait compatible. Il faut savoir cloisonner, c’est tout.

    Bien dommage que tu te résignes ainsi…

  5. Yann Lebout says:

    Il y a quand mêle une différence fondamentale entre un service mail et Facebook, comparaison reprise par Zuckenberg et vous pour justifier l’impossibilité techniques de supprimer les données complètement (ce qui est faux, évidemment. On demande à Facebook de supprimer les données sur son réseaux, ce qu’il est sensé pouvoir faire, ne fut-ce que pour répondre à des injonctions judicaires – qui j’espère vous tomber un jour, pour les autres services, cela reste à l’utilisateur de gérer)

    La différence fondamentale, c’est qu’on ne cède pas nos droits sur les données que nous transférons par mail. Et même si elles restent des années sur les serveurs du service mail, il n’est pas envisageable pour les fournisseurs de ce service d’utiliser ces données, de les partager sans votre consentement.

    Facebook, par contre, a le droit de redistribuer, modifier, et à priori vendre ces données. C’est nécessaire pour le fonctionnement du service. Mais une fois qu’on quitte le service, je ne conçois pas que Facebook puisse encore utiliser ces données à des fins commerciales (ou tout autre). A la limite, qu’elle reste stockée quelque part sur les serveurs, je m’en fiche, c’est un peu leur problème si ils réussissent pas à éliminer des données qui leurs servent à rien, mais annoncer de but en blanc que ces données seront encore exploitées me dérange profondémment.

    Moi non plus, je ne vois pas en quoi mes données peuvent intéresser Facebook, mais je tente de dépasser la réflexion « mon petit moi personnel ne craint rien, je vois pas pourquoi je me préoccuperais du problème ». Au delà de cela, il est difficile de prévoir comment évoluera la société de l’information, et avec son application Phonebook, Facebook peut déjà se lancer dans un service d’annuaire GSM sans me demander mon autorisation. En soi, je trouve ça déjà limite. Mais qu’il puisse le faire alors que je n’ai plus aucun lien contractuel avec Facebook, je trouve ça dangereux.

    Au final, j’ai depuis longtemps abandonné l’idée de vie privée sur Internet également, ce qui ne change rien à la nécessité de contrôler sa vie publique virtuelle. Et cette disposition retire le seul outil de contrôle qu’on garde vis-à-vis de Facebook, la suppression de nos propres données.

  6. Guillaume says:

    Moi non plus, je ne vois pas en quoi mes données peuvent intéresser Facebook, mais je tente de dépasser la réflexion “mon petit moi personnel ne craint rien, je vois pas pourquoi je me préoccuperais du problème”.

    Bravo. Je suis dans le même état d’esprit que vous et, bien entendu, tout à fait d’accord avec votre commentaire.

  7. Yann Lebout says:

    J’ai par ailleurs déjà donné un avis plus complet et circonstancié sur mon blog : http://houtlines.blogspot.com/2009/02/facebook-fait-un-pas-de-plus-un-pas-de.html

    En utilisant plus ou moins la même métaphore pour titre, d’ailleurs !

  8. Olivier says:

    « Moi non plus, je ne vois pas en quoi mes données peuvent intéresser Facebook, mais je tente de dépasser la réflexion “mon petit moi personnel ne craint rien, je vois pas pourquoi je me préoccuperais du problème »

    Si je pensais aussi cela, jamais je n’aurai pris le temps d’écrire un post comme celui-ci et encore moins de répondre. :)

    Ce que je veux dire, c’est que même si mes données sont exploitées, je ne vois pas vraiment en quoi cela est dérangeant. Pensez-vous sincèrement que Facebook s’amuserait à vendre des données nominatives à des entreprises ?

    Les données, si elles venaient à être vendues, le seraient de façon impersonnelle. (Je dis ça sans avoir aucune preuve, mais si une entreprise s’amuse à acheter des datas personnelles, elle aurait de légers soucis)

    Yann, je viens d’aller lire ton article où tu dis :

    « un service de webmail ne peut pas utiliser les contenus transmis à des fins commerciales, même si ces données sont toujours présentes sur les serveurs du service après votre désincription. »

    Gmail crawl tes pages pour y afficher un contenu publicitaire contextuel. Et il ne sont pas les seuls. Ce n’est pas nominatif. Oui, ils sont accès au contenu, non, cela ne porte aucunement atteinte à la vie privée, puisque personne, n’y a accès.

    J’ai toujours l’impression que les gens voient leurs données de Facebook comme un papier ultra-confidentiel… Dis moi simplement en quoi cela est « dangereux » ? Pas complètement contrôlable, certes, mais dangereux…
    On stock des données depuis des années (RFID, gsm…) et Facebook n’est qu’un outil de plus… Vous me trouverez certainement résigné, mais je trouve qu’un peu de contenu privé (j’ai vraiment du mal à mettre les termes « facebook » et « privé » à côté) contre des services comme Facebook, dans la balance, c’est équitable… (On doit quand même leur coûter une coquette somme à la fin du mois…)

  9. Guillaume says:

    @Yann: j’avais jeté un œil déjà.

    @Olivier: Je ne vous comprends pas quand vous dites cela :
    « Vous me trouverez certainement résigné, mais je trouve qu’un peu de contenu privé (j’ai vraiment du mal à mettre les termes “facebook” et “privé” à côté) contre des services comme Facebook, dans la balance, c’est équitable… ».

    L’exagération que je vais utiliser est un peu abusive, mais si on regarde de plus prêt… : Vous trouveriez cela « normal » d’échanger de votre vie privée (femme, enfant) contre un moyen de partager un peu de temps avec vos amis ou de vous amuser ?

    Je suis choqué mais c’est comme cela qu’on créé un débat et votre point de vue m’intéresse car justement je ne le comprends pas.

    « J’ai toujours l’impression que les gens voient leurs données de Facebook comme un papier ultra-confidentiel… Dis moi simplement en quoi cela est “dangereux” ? Pas complètement contrôlable, certes, mais dangereux… »

    Vous ne semblez pas avoir beaucoup d’ambition dans la vie. Je ne vous le reproche pas mais… Bon. Imaginons qu’aujourd’hui un ado, la vie est belle, il a plein d’amis, il sort, il boit, il fume (des fois il va plus loin qu’une simple cigarette d’ailleurs…) il fait la fête et il partage tout cela gentiment sur Facebook (sous son nom bien évidement), comme tout le monde. Il se fout complètement de sa vie privée. Il trouve cela amusant, après tout qui pourrait s’intéresser à la vie d’un ado (surement pas une marque de lessive, n’est ce pas ;-) ) ?

    10 années plus tard, il décide de faire carrière et de devenir président de la république (oui… il a de belles ambitions). Il a oublié ces photos, il a grandi, il a même choisi, pendant son séjour à l’ENA, de supprimer son compte Facebook puisque finalement cela ne l’intéresse plus, pire il se rend compte que son image sur Facebook n’est pas jolie jolie…

    Le père de cet ado est fier de l’évolution de son garçon. Mais ses principaux concurrents viennent voir Facebook et lui demande : « pourriez-vous me vendre ces fameux clichés que vous avez conservé à vie de Mr Mermet? Vous savez les clichés bien crades de ses soirées avec ses potes quand il avait 20 ans. Oui ceux la, il fume un pet la nan? Parfait. Merci beaucoup, je vous les achète pour 1€. Après tout Olivier, son père, était d’accord pour que vous conserviez ses données, je me souviens, il trouvait même que les gens qui essayait de se défendre contre ça étaient des cons. ». Suite aux publications de ces clichés en une des journaux, la carrière de votre fils s’envole, il déprime… il vous en veut au final, après tout vous étiez d’accord pour que sa vie privée soit vendue. (pour améliorer encore mon sénario : sa déprime va tellement loin qu’il décide d’en arriver au pire. Votre femme vous quitte, vous dégoutez même votre famille, vous vous retrouvez seul, comble de l’ironie, même vos amis sur Facebook vous ignore. Après tout l’imagination peut aller loin…)

    J’exagère le trait bien sur. Mais qui vous dit que cela ne pourrait pas arriver ? Il ne nous reste déjà pas beaucoup de libertés Mr Mermet, vous le soulignez bien d’ailleurs : « Facebook n’est qu’un outil de plus…  »

    Alors quand vous dites :
    « Si je pensais aussi cela, jamais je n’aurai pris le temps d’écrire un post comme celui-ci et encore moins de répondre. »
    Il serait temps de vous rendre compte qu’en donnant la possibilité à Facebook de vendre les données des autres (pas les vôtres, puisque il y a bien longtemps que vous avez fait une croix sur toute forme de vie privée en ligne c’est tout simplement ne penser qu’à votre petit vous personnel (enfin c’est ce que je crois… j’imagine qu’au fond vous êtes quelqu’un de très bien)

    Vraiment. Vous voyez aujourd’hui je ne partage rien sur Facebook. Depuis maintenant 4 ans, j’ai mis en ligne 3 photos, j’ai du faire 2 quizz et j’ai adhéré à 2 groupes, je ne suis fan de rien… J’avais lu les conditions d’utilisation et j’avais prévenu mes amis. Plus le temps passe, plus Facebook se permet d’aller loin. Trop loin. Aujourd’hui, j’ai de l’ambition et grâce à Facebook je ne passe plus une soirée sans me demander si les photos de ma vie privée ne vont pas s’y retrouver. Je dois donc sans cesse prévenir les gens autour de moi qu’il est hors de question qu’une photo de moi apparaisse sur Facebook (ça devient très chiant, de plus en plus). Je ne trouve pas cela drôle ni anodin. Absolument pas. Vous pouvez me croire.
    Et les personnes qui ont quitté Facebook la semaine dernière (comme moi), ne sont pas des personnes à qui on cherchera à vendre de la lessive. Ce sont des artistes, des écrivains, des avocats, des experts en sécurité informatique, des journalistes, etc… Ce ne sont pas des personnes qui ont peur. Ce sont simplement des personnes qui se rendent compte du problème que cela pose de priver des personnes de leurs libertés. Et ce qui ont failli tomber dans les pommes en apprenant la nouvelle se sont des personnes comme Alex Turk, président de la CNIL.
    Les libertés individuelles ne doivent pas être jouées à pile ou face et ne sont pas à mettre dans une balance avec un jouet. Vous ne vous en rendez pas encore compte j’ai l’impression.

  10. olivier says:

    « 10 années plus tard, il décide de faire carrière et de devenir président de la république (oui… il a de belles ambitions). Il a oublié ces photos, il a grandi, il a même choisi, pendant son séjour à l’ENA, de supprimer son compte Facebook puisque finalement cela ne l’intéresse plus, pire il se rend compte que son image sur Facebook n’est pas jolie jolie…

    Le père de cet ado est fier de l’évolution de son garçon. Mais ses principaux concurrents viennent voir Facebook et lui demande : “pourriez-vous me vendre ces fameux clichés que vous avez conservé à vie de Mr Mermet? Vous savez les clichés bien crades de ses soirées avec ses potes quand il avait 20 ans. Oui ceux la, il fume un pet la nan? Parfait. Merci beaucoup, je vous les achète pour 1€. Après tout Olivier, son père, était d’accord pour que vous conserviez ses données, je me souviens, il trouvait même que les gens qui essayait de se défendre contre ça étaient des cons.”. Suite aux publications de ces clichés en une des journaux, la carrière de votre fils s’envole, il déprime… il vous en veut au final, après tout vous étiez d’accord pour que sa vie privée soit vendue. (pour améliorer encore mon sénario : sa déprime va tellement loin qu’il décide d’en arriver au pire. Votre femme vous quitte, vous dégoutez même votre famille, vous vous retrouvez seul, comble de l’ironie, même vos amis sur Facebook vous ignore. Après tout l’imagination peut aller loin…) »

    Alors, ça, j’ai limite envie d’en faire un billet tellement c’est beau. J’en ai presque envie de pleurer :D

    Avez-vous eu écho d’un cas similaire ? À priori, on a pu voir des photos des fils de je ne sais plus qui, cul-nu, sur un profil PUBLIC (donc accessibles à tous). Le contenu effacé suite à la désactivation d’un compte n’est plus accessible aux utilisateurs…

    Pour ce qui est de mes ambitions personnelles, merci, je pense en avoir suffisamment, et je vous serai gré de ne plus porter aucun jugement les concernant :D

    Bonne chance dans votre campagne pour la présidence :D

  11. Guillaume says:

    « J’exagère le trait bien sur. » , Imaginons , Après tout l’imagination peut aller loin… Je pensais avoir mis suffisamment en avant que j’exagérais volontairement… On dirait que non…

    Ma pensée est bien résumé dans cette phrase que vous n’avez même pas relevé : « Les libertés individuelles ne doivent pas être jouées à pile ou face et ne sont pas à mettre dans une balance avec un jouet. Vous ne vous en rendez pas encore compte j’ai l’impression. »

    Effectivement vous ne vous rendez pas compte des droits que vous donnez à cette société privée. Cela vous fait même sourire. Je trouve cela grave mais je vois que ça ne sert à rien d’en discuter plus longuement ici.

  12. Olivier says:

    Avouez que votre pitch était à la limite du pathétique, grossi ou pas…

  13. Guillaume says:

    Il ne s’agit pas d’être pathétique ou alarmiste mais de montrer les dérives que peuvent engendrer une cession des droits sur des données personnelles à une société privée.
    Je reconnais que l’exemple était visiblement mal choisi. J’ai encore du mal à croire que vous ayez pris celui-ci au premier degré…

  14. Fred says:

    Olivier, tu a coté de la plaque pour le coup et tu ne prend meme plus la peine d’argumenter tes propos.
    De toute facon ton point de vue est indéfendable :)

    Guillaume a bien résumer la situation et je connais peu de monde qui aujourd’hui se satisfont des CGU de Facebook. Ce n’est pas parce qu’un service est gratuit qu’on peut se permettre de faire n’importe quoi!

    Ce blog a souvent des hauts et parfois des très bas.

  15. Olivier says:

    « Il ne s’agit pas d’être pathétique ou alarmiste » Non, non, surtout pas !

    Vous pensez vraiment qu’ils vont s’amuser à « vendre » des données ?? Aucun service ne survivrait en faisant ça !

    Les exemples de guillaume (sympa la fausse adresse d’ailleurs, c’est ton vrai prénom au moins?) sont tout sauf crédibles.

    Même le simple fait de « vendre des informations à un journal » est in-envisageable. Jamais un boite ne s’amuserait à vendre des données à des journaux…enfin!

    J’avoue m’être emporté sur les réponses.

    Mais Fred, penses-tu sincèrement que les infos de ton profil valent quelques chose ? En soi, un profil ne vaut rien. Penses-tu sincèrement que Facebook puisse envisager de se monétiser en « vendant des informations à des journaux » (ou à quiconque)? (excuse moi mais :D :D :D :D )

    La valeur de Facebook, c’est justement les informations non-nominatives de 175 millions de personnes, du type « j’aime telle série » ou « telle barre de chocolat » etc.
    Vendues en statistiques du genre « 30% de la population de facebook aime… » je n’y vois pas une atteinte à la vie « privée » pour l’instant.

    C’est une relation de confiance qui doit s’établir. S’il advenait qu’un cas d’atteinte à la vie privée soit révélé, et que Facebook en soit responsable (dans le sens où ils exposeraient délibérément ce qui ne devrait pas l’être), je serai certainement le premier à crier au loup, et à partir du site.
    Mais à l’heure actuelle, bien qu’ayant théoriquement le ‘droit’ (à vérifier) de le faire, Facebook n’a pas l’intention de vendre des information confidentielles à qui que ce soit. Ils saborderaient purement et simplement leur navire.

    Maintenant, qu’on m’explique ce qu’il y a de gênant à vendre des statistiques. Quand tu navigues sur amazon, on trace ton parcours. Sur Google, tu prends des cookies… etc.

    C’est votre paranoïa que me fait flipper en fait !

    Dis moi précisément quelles seraient les pratiques RÉALISTES qui te gênent, et pourquoi?

  16. Guillaume says:

    (oui mon adresse est fausse, je ne comprends pas pourquoi je donnerais une vraie adresse alors que tu n’as pas à t’en servir)

    Olivier, je vais t’expliquer pourquoi ton raisonnement est dangereux et pourquoi il faut être très précis sur les droits que tu donnes à droite à gauche.

    « Vous pensez vraiment qu’ils vont s’amuser à “vendre” des données ?? » => En fait je ne l’espère pas. Mais dès le moment ou tu leur donnes les droits, rien ne les empêche. Tu ne seras pas averti, et si tu t’en rends compte et que cela te gène, tu ne pourras rien faire, car tu l’auras autorisé. (« pourquoi la vente libre des armes à feu est interdite? tu penses vraiment que si j’achète une arme je vais tirer sur tout le monde? » Tu as ce raisonnement aujourd’hui.)

    « Les exemples de guillaume sont tout sauf crédibles. » => Tu pensais que quelqu’un aurait tué sa femme suite à un changement de statut? Moi non plus. Donc les situations crédibles… Je crois qu’on vit dans un monde où tout peut arriver.

    Même le simple fait de “vendre des informations à un journal” est in-envisageable. => Tu veux dire que si c’était toi, tu ne le ferais pas. La différence entre toi et moi c’est que toi tu l’autorises légalement, moi non. J’espère que tu vois la nuance.

    « La valeur de Facebook c’est [..] les informations non-nominatives de 175 millions de personnes [...] Vendues en statistiques » => Tu n’as pas totalement raison. Pour cela il faudrait que tout le monde joue le jeu hors c’est loin d’être le cas. Je vais prendre un exemple simple. Aujourd’hui il y a 1,5 millions de fans de McDo (imaginons, un des plus gros score d’une page fan aujourd’hui), tu retires quoi de cette information ? que sur 175 millions de personnes, 1,5M adore Mcdo ? Cela n’a aucun sens ni aucune valeur. Pourrais-tu me donner des listes de sondages qui pourraient avoir un intérêt, un sens ?(depuis que j’ai entendu ce « nouveau business model » j’essaie d’en trouver, mais je ne vois pas)

    « C’est une relation de confiance qui doit s’établir. » => Entièrement d’accord. La confiance c’est déjà de ne pas s’autoriser en douce de faire tout et n’importe quoi avec mes données. Qu’en penses-tu?

    S’il advenait qu’un cas d’atteinte à la vie privée soit révélé, et que Facebook en soit responsable (dans le sens où ils exposeraient délibérément ce qui ne devrait pas l’être), je serai certainement le premier à crier au loup, et à partir du site. => Well done, mais trop tard. Le loup t’as déjà bouffé. Souviens toi, tu as autorisé et signé les conditions d’utilisation qui précisent noir sur blanc que le loup a le droit de disposer et de revendre tes données. J’espère que tu comprends où je veux en venir.

    « Quand tu navigues sur amazon, on trace ton parcours. Sur Google, tu prends des cookies » => Ce ne sont pas des données personnelles et il ne s’autorise pas à le revendre (à vérifier mais je crois que ce que veut s’autoriser Facebook, c’est une première).

    « C’est votre paranoïa que me fait flipper en fait ! » => Ce n’est pas de la paranoïa, tu es tout simplement en train d’autoriser une société privée à disposer de tes infos personnelles comme elle l’entend. Attention de ne pas devenir naïf, il s’agit encore une fois d’une société, qui, au passage, a levé énormément de fonds et qui aujourd’hui perd de l’argent. Je sais… tu vas me dire que le CEO a une bonne tête et qu’il ne ferait jamais ça… Et moi je te dirais qu’aujourd’hui un gamin à la tête d’une société évaluée à 5 milliards de $ en seulement 5 ans, il a beau avoir une bonne tête, c’est un pion.

    « Dis moi précisément quelles seraient les pratiques RÉALISTES qui te gênent, et pourquoi? » => Tu donnes un accord d’appropriation de ta vie privée à une société privée. La réalité c’est qu’elle a le droit d’en faire ce qu’elle veut, que cela te semble par la suite complètement fou ou non. La réalité c’est qu’aujourd’hui Facebook doit retrouver $516M pour espérer un jour ne serait-ce que rembourser les fonds d’investissement, nourrir 700 à 800 ingénieurs (qui ne sont pas au smic hein ;) , héberger des milliards de documents, pouvoir accueillir 30 millions de personnes par jour sur ses serveurs, rembourser les procès, etc. Tu penses qu’avec des sondages et de la pub pour ados, c’est possible ? Moi pas.

    Au fond nous sommes d’accord sur beaucoup de points, mais c’est la façon de le présenter qui fait que tu joues beaucoup avec le feu et que tu rends Facebook dangereux.

  17. Olivier says:

    détrompe pour l’adresse Guilaume, je t’avais envoyé un mail d’excuses t’invitant à reprendre la conversation sur des bases plus saines, car je t’avais répondu un peu sèchement, ce qui n’est pas dans mes habitudes…

    Je commence à comprendre ton point de vue.

    Pour ce qui est des statistiques, crois moi, ça vaut une fortune. Il existe des moyens de pondérer des résultats, et de les inférer à toute une population. 1.5 millions de fans mcdo, en comparaison des autres marques présentes, cela peut avoir une valeur très significative.

    Tu dis que légalement,ils n’ont pas le droit de vendre des infos personnelles, et c’est exactement ce que je pense. Un contrat vaut moins qu’une loi. En cela, je reste persuadé que Facebook ne s’amusera jamais à dévoiler quoi que ce soit de nominatif à des parties tierces…

    La publicité peut aider à bien des niveaux. Certainement pas à couvrir tous les frais, mais ça doit bien être rentable quelque part.

  18. Guillaume says:

    Super Olivier, merci pour ce dernier commentaire.

    Je suis très intéressé par ce système de statistiques dont tu me parles. Aurais-tu plus d’informations à ce sujet (le nom d’une méthode, une présentation, des cours peut-être?) car cela m’intéresse beaucoup.

    Je trouve ça très intéressant de voir quels types de résultats on pourrait obtenir. Aurais-tu un exemple ? (Si tu veux que je te file mon adresse mail pour ça, pas de soucis, fait le moi savoir)

    Pour le reste, je suis ok avec toi.

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