Blog de nuit

Créativité / Publicité / Marketing / Médias-Sociaux

Personal branding. En toute humilité…

Mardi 5 mai 2009

Le Personal Branding est un terme à la mode.

Si je devais résumer ce terme selon ce que j’ai compris pour l’instant, le « Personal Branding » regrouperait toutes les activités de mise en valeur des caractéristiques propres à un individu évoluant dans un domaine donné, assurant une présence cohérente et diffusant une image choisie, par le dit individu.

En gros, le personal branding permet de devenir plus visible, de « choisir » des connexions utiles, de démontrer des capacités à évoluer (souplesse), et surtout, il sert à se « protéger », à maîtriser l’image que l’on veut donner de soi en ligne. (Que nos deux expertes françaises Fadhila et Émilie n’hésitent pas à me recadrer si je m’égare)

C’est sur le point de l’image que je voudrais mettre un petit « take care », surtout aux étudiants/jeunes diplômés qui cherchent un boulot. En lisant cet article d’Alex Kniess sur AdAge GenNext, j’ai subi une sorte d’électrochoc.

Le fait d’entretenir une « marque personnelle », nous fait passer beaucoup de temps sur facebook, linkedIn, sur Twitter, sur notre blog, à parler, échanger parfois avec des personnes ayant le triple de notre expérience, à « affiner » et décrier une expertise, à « manucurer nos portfolios » (pour reprendre l’expression de l’auteur) et, surtout, à être habitué à ce qu’on s’intéresse à nous. Et c’est un peu le problème de notre génération : nous avons tendance à vouloir enterrer trop vite nos prédécesseurs, à croire que tout frais sorti des bancs de l’Université / École de commerce / de ce que tu veux, on va être des rockstars d’entreprise.

Learning about and demonstrating your branding abilities is good, too. But with the obsession with personal branding often comes a distortion of reality and a breeding ground for feelings of entitlement. After spending so much time proving to the world that you are the smartest, savviest and perfect candidate able to do anything you want, the worst starts to happen: You start to believe it yourself.

En même temps, c’est une erreur humaine, qui ne date pas d’hier. L’effet « marchand de tapis » lors d’un recrutement existe depuis toujours. Le problème c’est qu’il y a 20 ans, un mec savait qu’il vendait du tapis. Aujourd’hui, j’ai un peu peur que le monde de notre sacro-sainte GEN Y se prenne un peu trop au sérieux, à vouloir devenir roi du monde en 2 ans, affichant costars et petites lunettes au gré des profils facebook, mettant en avant des qualités d’expert en tout et n’importe quoi.

Reality check: There are tons of people in the world smarter than you. Sure, personal branding is a wise and necessary act. Sure, you probably are pretty smart and have a lot to offer a potential employer. But it’s time to start selling some humility, too. Nobody is perfect, everyone makes mistakes, and there is infinite room to grow and improve.

Si j’étais coach ou conseiller en RH, je miserai cent fois plus sur le potentiel des personnes qui veulent apprendre, et qui démontrent une volonté d’amélioration continue… Pas sur ceux qui arrivent et qui savent tout faire. Parce qu’en plus, ça doit être chiant de bosser avec… non ?


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8 Commentaires »

Emilie Ogez:
6 mai 2009 à 6:05

Merci pour la citation. :)

Pour moi, le Personal Branding englobe beaucoup de chose dont la connaissance de soi (qualités, personnalité, projet de vie, projet professionnel…) et l’utilisation d’outils du Web social pour faire la promotion de sa marque personnelle. Mais c’est aussi savoir oser et oser être, pas forcément évident de se mettre en avant. L’idéal est de ne pas se lancer tête baissée une fois qu’on définit ses objectifs et qu’on a fait son introspection (avec ou sans l’aide de quelqu’un). Il faut définir une « stratégie » : quels outils (profils sur les réseaux sociaux, CV en ligne, blogging…), quelle régularité, quelles actions… Bien sûr, comme ça, ça paraît mécanique, mais avec le temps ça devient naturel. Mais surtout, ça ne doit pas remettre en cause ce qu’on est. Il faut rester soi-même.

Quand on utilise les outils du Web Social, on laisse des traces. Et c’est là qu’intervient la gestion de l’identité numérique à laquelle tu fais référence.

En ce qui concerne la génération Y, on a affaire au syndrome de la « grosse tête ». C’est un + de connaître et maîtriser les nouveaux outils, d’avoir un réseau sur lequel on peut compter, de bénéficier d’une certaine reconnaissance de ses pairs… mais je suis d’accord avec toi, ça ne doit pas remettre en cause l’essentiel : les compétences que l’on a dans son métier et l’humilité.

fbrahimi:
6 mai 2009 à 6:30

Bonjour, bravo pour cet article qui souleve de nombreux points pertinents du Personal Branding; merci également pour la citation. J’apprécie beaucoup cette définition du PB.
Les dérives évoquées viennent souvent de la confusion naturelle entre le « plus » et le « mieux » et une focalisation sur les outils de visibilité à en perdre le sens des choses.
Le PB doit pouvoir apporter une meilleure visibilité non pas seulement de l « Oser être et oser faire  » mais de l’Oser devenir (pour rebondir sur la notion de potentiel). C’est donc l’expression de ses savoirs (être, faire, connaissance) et de sa personnalité au service d’un projet de vie, un projet professionnel. Un travail beaucoup plus profond qu’une simple mise en valeur de ses aptitudes actuelles et de l’utilisation de tous les outils sociaux.
Les générations prec. osaient peu se montrer et se dévoiler avec projection; les générations d’aujourd’hui sont moins complexées sur ce point avec certainement un peu d’exagération; notamment en faisant abstraction de la notion d’étapes et de sens.
Tout est question de curseur. Et comme toujours à tout concept des exagérations et dérivent naissent.
En fait, dans cet article j’oserais relever l’idée que la la prise de conscience de sa valeur passe par la remise en question de ses propres actions.

sarah:
6 mai 2009 à 11:56

Je ne suis pas coach RH mais cela ne m’empeche pas d’être completement d’accord avec toi.
J’ajouterai même que cela ne se limite pas aux jeunes diplômés.
Est ce que ce n’est pas aussi l’essence d’un bon cadre/manager de savoir continuer à apprendre d’autrui, plus jeune, différent ou d’un autre horizon ? Ceux qui sont là et savent déjà tout faire sont aussi très c…

Aurélien:
6 mai 2009 à 13:52

Ton article est intéressant! De mon point de vue, le personal branding, c’est du networking appliqué au 2.0. Contrairement aux autres média et à la real life, le web garde un trace de tout ce qu’on fait.
Le marketing personnel pur et dur ne concerne qu’une part minime des internautes « créateurs de contenu », à saveur les vrais leaders d’opinion, ceux qui le sont sur le web et IRL!

bandenklap:
6 mai 2009 à 16:23

Excellente analyse…
Il est vrai que du haut de nos 25 ans, nous croyons être les « rois du business ».
Si je peux juste me permettre une remarque, il me semble que ton article s’applique tout particulièrement à la génération Internet née avec ce produit, et qui ne comprend pas comment des personnes qui n’avaient comme moyen de communication il y a encore quelques années que le fax puissent être nos managers sur les nouvelles technos.
Toujours est-il qu’il nous faudra encore un peu de temps avant de d’avoir assez d’expérience pour prétendre être les rois du monde…

Olivier:
7 mai 2009 à 3:13

ça me rassure un peu de voir tous ces commentaires… je pensais avoir une vision un peu erronée de ce qui m’entoure, d’être un peu parano, mais visiblement j’ai l’impression que l’image du marchand de tapis a la vie dure dans ce monde !

Yann Lebout:
7 mai 2009 à 22:30

Je n’ai pas attendu le terme de « personnal branding » pour faire attention à mon image globale sur Internet. Cela fait plusieurs années que je surveille ce que Google sort sur mon nom, que je tente de maîtriser ce qui ressort. Je milite également pour une totale transparence de nos profils sur le net, parce qu’avoir à cacher quelque chose, c’est prendre le risque d’être découvert. Et si on a rien à cacher, autant tout montrer !

Maintenant, tu sembles tenir pour absolu l’idée que quand on fait du personnal branding, c’est évidemment pour montrer qu’on est bon en tout et expert dans tous les domaines, beaux et avec un réseau de contact kilométrique. Il y a des gens qui ne font pas ça, même pas du tout. Mon approche du personnal branding, c’est d’être vrai : montrer qui on est, ses défauts et ses qualités. Il faut en finir avec la mentalité de l’employeur généreux qui tolère un petit jeune malgré ses défauts, et donc le corollaire du fait que le petit jeune devrait juste s’adapter à ce qui lui est demandé. Un emploi, c’est un échange. Si les deux parties ne s’y retrouvent pas, ça ne vaut pas la peine. Je ne trompe pas sur la marchandise, il y a des trucs que je sais faire, d’autres pas, mais je m’attends à ce que mon employeurs ne me trompe pas non plus sur la sienne et que si il m’offre un boulot, c’est un boulot qui peut me convenir !

Les marchands de tapis, ce sont autant les employeurs que les demandeurs d’emplois : si le demandeur fini par croire qu’il peut tout faire et ne comprend pas pourquoi personne l’engage, l’employeur fini par croire que le boulot qu’il offre est parfait et génial et fini par ne pas comprendre pourquoi tout le monde se casse au bout de 6 mois dans ce poste là…

Mon optique de personal branding, c’est éviter cela, c’est chercher l’employeur à qui je conviendrai et qui m’offrira une fonction qui me conviendra. Je crois que si les conseils en personal branding se tournait plus vers cette optique, les responsables RH et les chercheurs d’emplois perdraient beaucoup moins de temps et d’énergie…

Enfin, et ça c’est tout à fait personnel, on peut être de la génération Y, avoir des contacts, gérer son image virtuelle tout en ne voulant pas devenir directeur de quoi que ce soit. Pourquoi un maçon ne devrait-il pas faire du personal branding ? Je crois même que ce serait bien plus adapté pour lui, puisqu’il est directement dépendant de clients, et le personal branding rencontre alors une stratégie marketing. Cette synergie pourrait être quelque chose à explorer pour faire avancer les réflexions autours de ce personal branding.

Finalement, je crois que le public belge est beaucoup moins sensible au problème soulevé ici, parce que le public belge est, dans l’ensemble, plus humble que ceux qui sortent des « grandes écoles » française.

blogue.90degres.ca:
28 mai 2009 à 5:24

Ouille. C’est tellement la réalité que je trouve que ça fait mal. Surtout ton passage enterrer tout le monde sur notre passage.

Le médium à changer mais pas on vend toujours et encore des produits et des services.
Pour compléter cette idée que tu apporte, je vais reprendre les propos de monsieur Jean-Jacque Stréliski,un boomer et senior que j’estime dans la pub au Québec.

Je déteste la période de questions dans les conférences, il y a toujours des jeunes coq prêt à vous trancher la gorge avec de l’information qu’il vient à peine d’avaler et qui ne sera probablement jamais digéré.

Monsieur Stréliski, pardonnez-moi de citer voter article « j’ariverais après la bière  » seulement de mémoire.

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