Obama / Biden : Grand Prix Intégré et Titanium #canneslions
Cétait tout simplement trop prévisible… En plus de recevoir David Plouffe, le directeur de campagne de Barack, comme speaker exceptionnel, l’omniprésence des opérations de communication, tout au long de l’année, aura évidemment retenu l’attention, mais surtout le coeur des jurys.
Bien entendu, le « Yes We Can » aura été décliné partout de façon cohérente et les vagues successives des propos du nouveau président étaient homogènes à tous niveaux. Pas d’hésitations, des idées assumées, et qui s’enchainaient au rythme des dons faits par les citoyens américains.
Cette opération est un modèle absolu du genre, dans lequel on ne trouve que très peu de failles.
Mais parlons d’homogénéité… Est ce bien raisonnable d’offrir une récompense de publicitaire, à des hommes politiques ? Loin de moi l’idée de vouloir dénigrer le choix des jurys, et de refuser de voir le festival saluer, avec tous les honneurs qu’il mérite, David Plouffe et ses collaborateurs. Mais y a-t-il une agence qui soit entièrement impliquée dans l’intégralité de ce projet ?
L’élection de Barack est l’œuvre collective des médias, des stratèges politiques, de quelques agences, mais surtout des citoyens américains, qui dans leur exaltation collective auront réussi à faire devenir réalité ce en quoi personne ne croyait deux années auparavant.
Aucune marque, aucun produit, aucun service n’est capable de cela. Aucun but commercial ne saurait surpasser ce besoin radical de changement sociétal. Enfin, aucune marque n’aurait les moyens d’investir autant d’argent (environ 1milliard de dollars US d’après mes souvenirs, dont une partie conséquente de dons) pour un seul de ses produits. Cette campagne ne jouait tout simplement pas dans la même cour que Sprint, Adidas ou Heineken (tous primés par ailleurs). Cette campagne, d’ailleurs, ne s’inscrivait dans aucun autre mouvement. C’était trop gros pour que n’importe qui ait pu y faire face.
Mais vous voulez savoir le pire dans tout ça ? J’ai beau avoir conscience du fossé séparant la campagne pour la présidence américaine, et le monde de la publicité, de la disproportion des moyens des uns et des autres, je me réjouis quand même…
Alors encore une fois : bravo !