Facebook : la conquête du monde a commencé

4plans-to-dominate-the-wordl-facebookWired est loin d’être la meilleure des sources d’informations quand il s’agit de parler de médias sociaux, mais il faut avouer que leur article de la semaine dernière (et top story de la semaine) intitulé Great Wall of Facebook: The Social Network’s Plan to Dominate the Internet — and Keep Google Out est d’une qualité remarquable et rare.

Rare parce que c’est un article qui ne retransmet pas simplement une information tirée d’un communiqué de presse officiel, et qui analyse le potentiel concret de l’avenir du réseau social favori de la Terre entière (ou presque).

En effet, qui d’autre aurait pu dessiner et aussi bien nous informer sur le terrible plan de Mark Zuckerberg pour partir à la conquête du Web, sans langue de bois ? Preuve en est, avec la citation suivante :

Like typical trash-talking youngsters, Facebook sources argue that their competition is old and out of touch. « Google is not representative of the future of technology in any way, » one Facebook veteran says. « Facebook is an advanced communications network enabling myriad communication forms. It almost doesn’t make sense to compare them. »

En termes d’analyse, la lecture attentionnée de l’illustration ci-contre, est fortement conseillée. À vu de nez, je dirais que nous sommes actuellement entre le troisième et le quatrième point, mais que le second n’est pas réellement acquis non plus.

Pas de moteur de recherche foudroyant, mais la conquête du Web, à l’aide de facebook connect et de l’implantation du maintenant célèbre « FBML » dans nos chers blogs…

Le propos est ensuite articulé sur la dépendance de Facebook à sa communauté d’utilisateurs, citant les échecs des projets de monétisation des données personnelles. Et c’est là que cette vision me fait doucement rire.

Je ne vous le cache pas, je n’ai jamais prétendu vouloir être le propriétaire absolu des données que je fournis en ligne, et j’estime que c’est « le jeu » d’accepter que les services puissent disposer, dans la limite du raisonnable, de certaines datas personnelles. En revanche, laisser croire au grand public que sur Facebook, c’est lui qui est au commandes du vaisseau, c’est à la limite du pigeonnage. La vérité, c’est quand même que Mark Z. est là pour faire rouler sa boite, et qu’arrivé le moment de la monétisation, votre avis… Je vous laisse deviner ce que ça lui fait.

À l’inverse, et c’est c’est là que tout se joue, la monétisation du service ne sera efficace que si elle est acceptée par la communauté dans son intégralité. Bien que l’avis de quelques centaines de milliers (sur des centaines de millions) ait pu faire basculer le navire sur les questions de propriété des données auparavant, quand il s’agit de pratique concrète, il y a évidemment des limites sociétales et humaines, à ne pas dépasser. Parce que le potentiel de facebook pour connaitre ses utilisateurs est très grand. Mais faut il aller jusque dans l’intimité ?

The drumbeat of controversy surrounding Facebook illustrates the catch-22 the social network faces: It has a massive storehouse of user data, but every time it tries to capitalize on that information, its members freak out. This isn’t an academic problem; the company’s future depends on its ability to master the art of behavioral targeting—selling customized advertising based on user profiles. (…) there is a fine line between « targeted and useful » and « creepy and stalkerish »—and so far, not enough advertisers have been willing to walk that line.

Facebook a toutes les ressources humaines, technologiques et sociales, pour proposer un service de publicité de qualité, avec un « ciblage » très précis. (du moins, c’est ce qui se dit). En revanche, il possède également un potentiel néfaste, tant cette précision peut parfois mener trop loin, mettant mal à l’aise les utilisateurs par ce côté « voyeuriste ».

La cinquième étape du plan démoniaque de Mark Z. serait elle de faire accepter ces pratiques aujourd’hui indélicates ?

En attendant, Google et ses algorithmes seraient sur une mauvaise voie, en continuant d’ignorer le potentiel de l’échange humain. Mais vu la capacité de réaction géant de Mountain View, je ne me fais absolument aucun souci pour lui ! (On attend de voir ce que vaut Wave ?)