Je pense que pas mal d’entre nous étions au courant. L’INA (Institut National de l’Audiovisuel, les grandes archives de la télé française) a lancé, il y a quelques jours, un service offrant l’accès à plus de 200.000 spots publicitaires tirés des plus profonds tiroirs d’archives de l’institut. Et déjà ça chiale.
Mais pas comme vous croyez. Bizarrement, je donne raison aux plaignants.
Mettons les choses au clair
Les points qui m’agacent viennent à la fois de l’INA qui n’a pas respecté certaines règles pourtant élémentaires, mais également de la part des créateurs et détenteurs des droits de ces images.
Il serait en effet logique qu’une partie des gains engrangés par l’INA suite à la mise en place d’une telle plate-forme, soit ensuite redistribuée aux agences, maisons de production, et créateurs en tous genre. De plus, et comme il en est fait mention dans cet article de 01net, les simples crédits ne sont pas systématiquement mentionnés. Pire encore, certains spots ne sont pas diffusés dans leur forme d’origine, comme ce spot pour Évian, mentionné dans l’article sus-cité.
Pour ce qui est de la qualité des images, je modèrerai mes propos par un simple « faut pas déconner », tout en rappelant qu’il s’agit d’archives, et qu’avec 200.000 spots uploadés, il ne fallait pas s’attendre à de la HD. De même, donner crédit à l’intégralité des contenus aurait été une tâche fastidieuse, et surtout, pas forcément utile…
Pour en revenir à nos amis producteurs, voici un extrait de Numerama citant le président d’une agence de production :
« les publicités résultent de contrats privés entre annonceurs et publicitaires« , et que « l’INA, sous couvert de service public, fait de l’argent sur des contenus qui ne lui appartiennent pas« . « Ce sont des pirates« , n’hésite pas à conclure M. Champeaux, cité par Les Echos.
Si il y a bien des oeuvres qui ne doivent pas être « privées » c’est pourtant bien les pubs. Surtout celles présentes sur le site de l’INA, de par leur popularité… La dimension privée peut s’avérer constructive quand on parle prix. Coût de la publicité, retours sur investissement etc. Il ne me semble pas, qu’à aucun moment, ce genre de détails ne soit fourni à quiconque sur le site. Cet argument est assez bancal.
Au passage, Numerama s’égare un peu :
Et lorsqu’à chaque fois que le droit moral est évoqué, les affaires pécunières ne sont pas loin derrière.
Il ne s’agit pas de vouloir récupérer des miettes. Il s’agit simplement de ne pas voir l’oeuvre de quelqu’un, rapporter de l’argent à quelqu’un d’autre. Et je me range directement du côté des ayant-droit, en rajoutant que lorsque ce quelqu’un d’autre c’est l’État, ça fait encore un peu plus mal… là, derrière…
Une solution ?

Le screenshot est complètement involontaire...
L’INA est un service public. Leur rôle n’est pas d’attirer du trafic, de vendre de la pub ou que sais-je… leur but est de proposer un service décent aux citoyens français. Pourtant, la big-box de droite est belle et bien présente, et il est assez clair que cet espace de 300 pixels carrés sera assez vite rentabilisé.
Mais est-ce vraiment là le rôle de l’INA ?
Au début, ma réaction face à ce débat était du genre « WTF? Pourquoi veulent-ils (les producteurs) récupérer de l’argent avec un truc qui leur est au final, bénéfique? » je pensais qu’il ne s’agissait que de gros sous… Mais le fond de l’affaire réside plus, visiblement dans le simple fait de générer des revenus avec des contenus qui ne sont pas les leurs… je n’ai pas encore vu de mentions d’éventuelles demande de rétribution, ci ce ne sont trois lignes dans la lettre que Mr Champeaux a envoyé à notre nouveau minstre, Mr F. Mitterrand.
D’ailleurs, je ne résiste pas à vous citer un passage bien drôle :
A l’heure où nombre d’actions gouvernementales sont dirigées à l’encontre des pirates de l’Internet, il est assez cocasse de voir un organisme public se comporter comme tel, mettant à disposition des images, séquences, musiques qui ne lui appartiennent pas (contrairement à ce qui est indiqué dans les conditions générales d’utilisation publiées sur le site) et pour lesquelles il n’a obtenu aucune autorisation !
Cet amalgame public/privé état/entreprise est assez néfaste, et j’avoue que je suis assez déçu que cette initiative tourne aussi vite au vinaigre. Mais l’INA ne l’a pas volé.
Pour redonner une âme patrimoniale à cette initiative pourtant louable, voici mon avis en quatre points, de citoyen amateur de publicité :
1/ Enlever toute forme de publicité (autre que l’archive) du site
2/ Rendre un maximum de crédits aux personnes légitimes. Au moins l’agence et la maison de prod… (ce qui est fait dans la majorité des cas tout de même)
3/ Proposer une rétribution partagée pour tout bénéfice engrangé par la mise à disposition d’une copie sur tout autre support (dvd, cassette…). Un réduction (même symbolique) d’impôts pour chaque copie ? non ?
4/ Fournir à toute personne se sentant lésée, une possibilité de contacter un webmaster afin de lui donner crédit sur une création
Bien entendu, on peut toujours rêver.
Je pensais, après lecture succincte, que le débat portait sur des questions d’argent… Mais la seule plainte de Mr Champeaux est tout à fait justifiée :
Non seulement l’Ina s’exonère de tout ce qui serait demandé à n’importe quel diffuseur sur n’importe quel réseau de diffusion (radios, télévisions, presse etc…) ou à des organismes publics (…) mais en plus, l’INA entend rentabiliser sa « mise à disposition ».
Parce que oui, l’INA est un service Public, dépendant du ministère de la CULTURE. Que oui, ces spots SONT une forme de patrimoine culturel, mais ils n’appartiennent PAS à l’État.
Et parce qu’avec les impôts, charges sociales et autres taxes, les créateurs de contenu ont le DROIT de voir leur oeuvre distribuée, sans que l’État ne veuille par-dessus le marché, en tirer encore quelques sous.
Sinon, oui, le site est vraiment génial.


je sors de ma grotte. Et je fuckin’ kiffe ce site de l’INA. Non mais vraiment. C’est tellement bon. Et même que je suis pas d’accord avec toi
1/ est-ce qu’il y a vraiment des bénéfices ? est-ce que ces moches pavés de vraie pub ne servent pas juste à minimiser les frais de serveur qui doivent peser un peu ?
2/ les droits… ça, vraiment, grosse barre de rire. On est plus dans un contexte commercial là, faut arrêter. On peut jamais rien faire avec des images d’archive, c’est pénible.
3/ Et notre ami Christian sur son site Culture Pub, il paye les agences ? ou j’ai loupé une étape ? (même lui a un beau 300*250 bien placé
Non, mais sincèrement, le droit à la paternité c’est quand même important… Tu touches rien, si ce n’est qu’on te reconnaisse le fait que c’est toi qui a créé un contenu… ça coûte rien et c’est obligatoire !
Culture Pub est spécialisé dans la pub… à la base, ça change la donne un peu quand même… non ?