L’hyper-connectivité est elle le mal de la prochaine décennie en ligne ?

À en croire ce que l’on peut lire sur Newscientist il se pourrait que la trop grande présence de liens sociaux (social tie, node, connexions… ou tout autre terme sociologique jugé approprié) réduirait le potentiel de créativité. Cette étude, menée au début du mois d’Août par le professeur Viktor Mayer-Schönberger de l’Université de Singapour tirait les conclusions suivantes :
« The over-abundance of connections through which information travels reduces diversity and keeps radical ideas from taking hold, »
En des termes plus simples : le trop grand nombre de connexions sociales au travers desquelles l’information se diffuse réduit la diversité, et empêche les idées nouvelles d’émerger. Cette étude a été réalisée dans un cadre professionnel, en étudiant les relations entre ingénieurs, et leur propension a développer de nouvelles idéées.
Maintenant, que se passe-t-il si l’on appliquait cette conclusion (à prendre avec des pincettes) à Twitter ?
Je fais partie de ceux qui, comme Cédric pensent que Twitter a un côté néfaste dans le sens qu’il sert un peu trop de « relai » d’information. Attention, je suis très heureux de voir de « RT @Oliv » quand il s’agit de mes articles. Mais si l’on prend, par exemple, le cas « Mashable »… C’est un peu comme si chacun de leurs article était poussé vers twitter, pour ensuite recevoir un « AMEN » collectif, les utilisateurs se retwittant les uns les autres.
Les 140 caractères n’amènent pas de véritable « débat », mais on y obtient les « récompenses » (au sens social, c’est à lire les marques d’appréciation des pairs) que l’on obtiendrait en alimentant un blog ou autre forme d’expression. Le résultat, pour moi, est évident : pas de perte de qualité dans l’information, mais un véritable appauvrissement de la diversité des contenus que l’on voit passer. Beaucoup voient en Twitter une grande salle de discussion. J’y vois un peu plus une grande chambre d’echo, où les gens répètent ce qu’ils entendent sur les murs.
Il y a quelques semaines, Thoma avait mené une petite expérience rigolotte, en faisant passer une grosse information, puis en intitulant son article « retwittez-vous ‘importe quoi » ? Sur Facebook, c’est encore pire, avec la diffusion massive de fausses informations, la création de groupes bidons où il faut inviter tout ces amis etc.
Même si à l’heure actuelle ces petits débats d’opinion à propos de la variété ou la crédibilité des contenus ne sont que des « bouibouis » de professionnels et d’early-adopters, à l’approche des élections d’ici deux ou trois ans, la fiabilité et la diversité de l’information sera, à mon avis une denrée extrêmement rare et délicate à gérer. Avec des enjeux politiques massifs, on verra certainement débarquer encore plus de monde sur Twitter et compagnie, et les politiciens adopteront certainement des stratégies en conséquence. Impossible de prédire quoi, mais la manipulation à coup de « RT » super-connectés, ou de groupe Facebook « invite tous tes amis dans ce groupe où on raconte des conneries avec Dieudonné » ça me fait un peu peur…


En parallèle a ton article, j’ai le feeling qu’on va sérieusement en revenir de toutes ces tendances des social media. J’imagine dans un avenir pas si lointain que les personnes vont massivement se désengager des plates-formes de réseaux sociaux grands public et peut etre se diriger vers des sites « elites » plus segmentés moins généralistes.
Beaucoup d’usagers se rendent compte que c’est un énorme time-waster donc peu productif.
Finalement, un autre constat intéressant: Multitaskers bad at multitasking
http://news.bbc.co.uk/2/hi/technology/8219212.stm
Et la question logique qui suit : est-ce que tu penses que c’était mieux avant avec quelques médias qui dirigeaient dans quel sens nous devions regarder…
Je suis assez d’accord avec toi dans le principe mais il ne faut pas oublier d’où l’on part malgré tout et finalement la caisse de résonance montre simplement l’importance ou la qualité d’un contenu (enfin c’est pas toujours vrai :p)
Ce que j’ai compris de l’analyse de Viktor Mayer-Schönberger, ce n’est pas moins de création. Ton titre incite un peu à la polémique – au passage. Ce que VM-S explique, c’est que le nombre de gens connectés – autrement dit, le quantitatif – ne favorise pas forcément l’émergence d’idées neuves sur Internet – autrement dit, le qualitatif.
Rien de bien neuf en somme. Sa réflexion est bien plus intéressante du côté de la mémoire que constitue le web. Selon lui, l’oubli à ses vertus que les réseaux ne connaissent point.
je crois que avec plus de connexion on n’a plus diffusion… plus de consommation d’information et par la suite plus de création…