Facebook + Nielsen = Brand Lift. Joli combo non ?

Beacon est enterré. C’est bon. Les facebookers du monde entier vont pouvoir arrêter d’avoir peur ! C’est terminé, Facebook ne fera plus usage de vos données « personnelles » (booooo)…
Enfin, en fait, si, mais cette fois, ils seront accompagnés de Nielsen.

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Facebook Inc. plans to announce a deal with online measurement company Nielsen Co., in a step to address advertisers’ frustration with measuring how ads perform on the social network.

WSJ

Concrètement, à quoi peut mener un partenariat du genre ? Pour l’instant il est difficile de trouver précisément de quoi il s’agit,mais ce projet, nommé « Brand Lift » aura pour principe de sonder des utilisateurs sur une base volontaire, en rapport à leur mémoire du message, intention d’acheter, leur appréciation de la marque etc.

The platform will poll opted-in Facebook users on ads they see on the social networking website and gauge their sentiments while measuring « aided awareness, ad recall, message association, brand favorability, and purchase consideration ». That data will be packaged up by Nielsen and presented to marketers.

miningJe fais partie de ceux qui ne se soucient guère de l’intégrité de leur profil, tout comme je me fous un peu de la façon dont ils récupèrent des datas sur ma petite personne. Mais il est toujours agréable de constater que l’intégration de l’opt-in (demande confirmée) et l’aspect « volontaire » de ces sondages soient pris en compte dans le design de l’analyse. C’est certainement cet aspect qui empêchera l’effet « foule en colère » et permettra, on l’espère, à ce projet de venir à terme sans provoquer la création de 100K groupes de protestation.

En revanche, j’ai un petit bémol à mettre sur la finalité et la méthode utilisée de ce genre d’études. Le truc qu’on mesure.  Les variables dépendantes en statistique. Ces objectifs mesurés (intention d’achat, rétention, association d’idée etc) ont quand même une bonne tête d’indices pré-an 2000 non ? La moitié de la planète « média social » nous parle d’émotion, de sentiments, d’opinion et autres avenues personnelles, et expressions individuelles. Pourquoi alors mesurer quelque chose qui soit si peu représentatif d’une opinion massive, comme les « intentions » (qui soit dit en passant, sont un des concepts les moins fiables en stat) d’un groupe restreint d’internautes ?

Il y a quelques semaines, sur le NY Times, on pouvait lire un article qui parlait de « forer » le web pour pour y trouver des sentiments, et le point auquel les entreprises étaient désireuses de savoir ce qu’on pense d’elles globalement.

Yet many companies struggle to make sense of the caterwaul of complaints and compliments that now swirl around their products online. As sentiment analysis tools begin to take shape, they could not only help businesses improve their bottom lines, but also eventually transform the experience of searching for information online.

Image 4Si ça vous intéresse de savoir à quoi vont ressembler ces sondages, regardez l’illustration ci-contre. Il y a de fortes chances pour que vous la retrouviez sur votre profil dans pas longtemps…

J’ai encore un niveau plutôt faiblard dans le domaine de l’analyse « terrain » (on ou offline), c’est pourquoi je sollicite à nouveau Grégoire pour avoir son opinion, en sa qualité d’expert en sondages et analyses de datas. Grégoire, pour toi, quelles sont les différences entre des données obtenues suite à des question posées à des volontaires, et des données obtenues après un « Web Mining » sur les sentiments exprimés ?

De même, sur cette question, l’avis de Cyrille, qui gère Scanblog m’intéresse beaucoup. Cyrille, toi qui veille sur la blogosphère française depuis un bon moment, que penses-tu de ces questions ? Est ce que tu considères Facebook comme nouvelle piste d’exploration pour Sacanblog ?

Moi j’avoue que « méthodologiquement », je suis un peu perdu là…

3 Responses to Facebook + Nielsen = Brand Lift. Joli combo non ?

  1. Cyrille says:

    Merci Olivier pour ce post et cette sollicitation ;) Mon avis est très simple et, tu t’en doutes, semblable au tiens.

    L’initiative est compréhensible, car d’une part FB a besoin de consolider sa rentabilité, via la pub, et de fait doit se nourrir d’une connaissance accrue de son audience en matière d’agrément, etc. de la pub diffusée sur la plateforme.

    D’autre part la masse des utilisateurs de FB fait forcément saliver un institut comme Nielsen qui y voit un focus group contextualisé gigantesque. Avec seulement 0,1% de répondants ils seraient déjà à 250.000 profils (sur la base de 250M d’utilisateurs actifs)… Tu imagines la représentativité de l’enquête ? L’échantillon bat tous les records…

    Néanmoins, ce côté déclaratif est évidemment discutable, comme pour toutes les études qui utilisent ce modèle depuis la nuit des temps, et terriblement « 1.0″ à l’ère du web social et des solutions de Social Media Monitoring qui étudie l’expression spontanée des internautes, comme en parle le NY Times avec lequel je suis évidemment en phase (tiens, ils n’ont pas cité Scanblog à propos ? ;p).

    D’ailleurs puisque tu me le demandes, nous intégrons déjà depuis un moment Facebook, mais aussi Twitter et d’autres plateformes dans notre approche, car malgré notre nom, nous ne nous intéressons pas qu’aux blogueurs mais à tous les espaces conversationnels.

    Mais à chaque méthodologie ses biais, celle qui est la nôtre chez Scanblog pour observer, analyser et conseiller la e-reputation des marques en connait évidemment aussi.

    Donc nous pouvons juste regretter une approche un peu datée, sans remettre en cause pour autant la méthodo, et surtout en bavant devant la taille de l’échantillon… :)

  2. anham says:

    Bonsoir,

    Venant également du monde des études, je m’invite dans la conversation ;-)

    Je rejoins Cyrille, le panel potentiel que représente les 300 millions d’utilisateurs Facebook est une mine d’or pour un institut d’études comme Nielson, et ce d’autant plus que les profils des membres Facebook sont très complets et permettent d’envisager des études très ciblées – par exemple les membres Facebook de sexe masculin, âgés de 25 à 25 ans, habitant en zone rurale et (pourquoi pas, je ne sais pas si FB donnera accès à ce type de données) parlant souvent (sur leurs murs FB) des livres qu’ils lisent ! The sky is the limit comme le veut l’adage anglais. Et le caractère volontaire de l’entrée dans le panel FB/Nielsen est bienvenu.

    S’agissant du rapport de ce type d’études, déclaratives, aux études d’écoute des opinions spontanées, je les verrais plus complémentaires qu’en opposition. En effet, les internautes qui s’expriment dans des blogs, en commentaire sur des sites médias, dans des forums ou encore au sein de réseaux sociaux n’abordent pas nécessairement tous les sujets sur lesquels des institutions ou des marques souhaiteraient leur poser des questions. En d’autres termes, on n’a pas réponse à tout. En revanche, le caractère spontané des opinions exprimées et comportements décrits permet de s’approcher davantage d’une forme de vérité sociale ou marketing, les répondants aux études traditionnelles post-rationalisant souvent leurs comportements ou nuançant certaines opinions pour les rendre plus acceptables, sans parler des biais introduits par les questions.

    En bref, deux mondes qui se complètent et qui peuvent apporter, ensemble, des réponses encore plus précises aux questions que se posent les entreprises ou gouvernements…

  3. Pingback: Média payé VS média gagné. Facebook et Nielsen sortent les datas de Brandlift | Blog de nuit : créativité et publicité, marketing, médias sociaux

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