YUL-LAB : Montréal, une zone de test publicitaire ?

Peu après mon arrivée au Québec, Harold me parlait de l’isolement de la Belle Province. Je me souviens de cette discussion d’il y a deux ans, où il m’expliquait que le Québec devait son aspect solitaire à deux choses : Sa situation géographique (au Nord de la zone « innovante », alors que l’innovation de diffuse horizontalement) et la langue Française, dans un contexte fort américanisé. Deux barrières importantes, qui creusent un fossé visiblement plus dur à traverser que le Saint-Laurent.

De ce fait, beaucoup d’annonceurs internationaux ont délaissé Montréal. Très peu de clients ont leur agence mère dans cette superbe cité… Mais L’AAPQ ne compte pas en rester là…

L’initiative de l’Association des Agences de Publicité du Québec est extrêmement intéressante, en plus d’être remarquable. Plutôt de se lamenter sur le sort inhabituel que subit la région Montréalaise, Sébastien Fauré (Président de l’agence Bleu Blanc Rouge) et les autres membres de l’asosciation ont créé Yul-Lab, une sorte de labo de « test » publicitaire, afin de tirer profit de la situation du Québec : Faibles risques de propagation d’une campagne ratée, petit marché (faible investissement média) qui malgré certains points culturels fortement ancrés dans l’esprit des citoyens, reste très semblable au reste du Canada et aux States. Un exemple fascinant a été celui de MasterCard et de la campagne « priceless » qui a été testée là, avant d’être déclinée à l’international.

L’initiative YUL-LAB a été proposée à Chicago hier soir, et voici ce que les Exec américains ont pu voir :

Deux choses :

Déjà, je vois déjà venir le bon gros Québécois « chiâler » en racontant que « tabarnak, on est pas des cobayes ». Si quelqu’un se sent rabaissé par cette entreprise collective, et le fait d’être considéré comme un « marché test », je ne lui dirai qu’une chose : voir l’idée de labo géant comme la chance de montrer au reste du monde que les idées des Montréalais seront celles qui colleront avec celles du reste du monde. Ne pas se voir comme ceux à qui ont donne la première couche de merde, mais comme ceux qui prennent la première cuiller dans le pot de Nutella.

Deuxième chose : J’espère que les annonceurs internationaux qui seront séduits montreront une certaine rigueur dans le processus de sélection de leurs agences, et montreront l’exemple aux annonceurs Québécois. Parce que les spots télés du Québec, pour la plupart, me donnent soit envie de pleurer, soit envie de me tirer une balle.

Pour plus d’infos sur cette entreprise que je vais suivre de près dans les semaines qui viennent, vous pouvez aller écouter l’interview de Sébastien Fauré sur le sujet, ou lire ce qui s’en dit sur Infopresse.

2 Responses to YUL-LAB : Montréal, une zone de test publicitaire ?

  1. Emma says:

    Hummm… je ne partage pas totalement ton enthousiasme et ce n’est pas vraiment à cause des cobayes. Ce truc soulève et ramène des débats de plusieurs décennies au Québec. Réponse sur IdeAd
    http://idead.typepad.com/idead/2009/11/yullab-génial-ou-suicidaire-.html

  2. Si quelqu’un veut faire du 9e arrondissement de Paris une zone test, Le Daily Neuvième est preneur!

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