Esquire vous offre de la réalité augmentée

Le magasine Esquire (Un condensé d’Über-sexualité) a bien compris qu’être Gadget-Geek, c’est la hype ultime du moment chez les hommes. Pour montrer à leur lectorat hype (et donc forcément geeks possesseurs d’iPhone-custom-coque-en-or et de télé plasma-tellement-fine-que-tu-peux-te-torcher-avec) qu’ils sont aujourd’hui au top de la geekologie : ils ont introduit un peu de réalité augmentée dans leur magasine.

Plusieurs raisons d’aimer, et plusieurs raisons de ne pas…

Image 16J’aime bien parce que pour une fois un magazine se tourne vers le web pour fournir du contenu additionnel. D’habitude, c’est plutôt l’inverse : on se sert du Web pour donner UN PEU de contenu, mais l’essentiel se retrouve sur Papier.
Deuxièmement parce que le tag de réalité augmentée a été placé directement sur la page, et que ça créera un peu de questionnement chez les lecteurs, même si ce n’est pas la première fois que la réalité augmentée est utilisée à grande échelle sur papier.
Enfin, parce que c’est une savante technique qu’Esquire maîtrise plutôt bien : le gimmick. La réalité augmentée, c’est la mode ? On en fait. L’e-ink c’est la mode ? On en fait. C’est rigolo en surface, c’est frais. Et pourtant même le rédac chef l’avoue : ce n’est qu’une « mode ».

Est-ce vendeur ? Absolument pas, en soi. Cette utilisation des technologies qui gravitent autour du papier est la traduction du mal-être de l’industrie, qui cherche à se booster à grands coups de RP.
Comme mentionné à très juste titre sur Thought Gadgets :

Esquire’s editors also realize print is under pressure — the once uberhot Maxim magazine recently shuttered its print edition in the UK, and Esquire’s total ad pages booked are down 24% year over year — and anything they can do to differentiate themselves in the marketplace helps. So Esquire is rolling out a series of physical gimmicks (such as the recent E-Ink cover), all good for PR, which generates buzz among readers, which gets advertisers to consider pushing media budgets Esquire’s way.

Enfin, quand on connait le potentiel de la réalité augmentée, on ne peut qu’être déçu de l’utilisation qui en est faite dans le magazine. Il aurait été possible que le lecteur se « customize » lui-même. Qu’il fasse entrer son corps dans le Top 10 des costumes sur mesure les mieux taillés d’Angleterre, ou qu’il essaie les derniers bérets  à la mode, voir même de transformer cet aspect de démonstration, en vente…

Mais en vérité utiliser réellement la réalité augmentée c’est pas important. L’important, c’est d’avoir le jouet. C’est exactement comme leur lectorat Über-Geek qui se paie des iPhones en platine, sans avoir jamais ouvert la fonction mail ou le GPS. (Oui, je caricature, mais vous avez compris non ?).

Et demain je vais acheter ce numéro avant qu’il n’y en ait plus, c’est encore plus évident. :)