Foursquare – La géo localisation-sociale : l’El Dorado mobile
Foursquare commence à dévoiler enfin son potentiel. À mi-chemin entre le jeu (où l’on décroche des badges) le réseau social, et les plate-formes de recommandations, ce nouvel outil n’est, à mon humble opinion, qu’au début de sa longue route.
WTF ? : What The Foursquare ?
Foursquare est une application toute bête, qui permet à n’importe quelle personne d’annoncer à son réseau (Ainsi que sur Twitter et Facebook) sa position dans un lieu public (commerce, station de métro etc.) de donner ou non, son opinion sur le dit lieu, et de courir après des badges, et des places de « maire » du lieu. Ce petit bijou n’est pas l’enfant de n’importe qui, puisque ses deux fondateurs ont également créé par le passé, Dodgeball (racheté puis enterré par Google) un service dans la même veine, certainement lancé trop tôt à l’époque.
Une annonce de taille vient d’être faite aujourd’hui au Canada : le partenariat entre Metro et Foursquare me laisse rêveur, et j’adore déjà le concept. Il s’agirait, pour les personnes ayant choisi de suivre le journal Metro Canada sur foursquare, de recevoir des notifications de suggestions lorsqu’ils approchent physiquement d’un endroit qui a été couvert par le quotidien gratuit. Seul le territoire anglophone est pour l’instant concerné, mais ce schéma de partenariat entre un service de géo-localisation et une source de recommandation influente (comme les colonnes épicuriennes d’un quotidien) est une idée qui mérite d’être exploitée à l’échelle de toutes les villes où foursquare est accessible. (Uniquement dans les grosses villes pour l’instant).
As a key component of the partnership, Metro will add their location-specific editorial content to the Foursquare service. People who choose to follow Metro on Foursquare will then receive alerts when they’re close to one of those locations. For example, someone close to a restaurant that Metro has reviewed would receive a « tip » about that restaurant and the have ability to link through to the full Metro review on metronews.ca.
Le fond de la chose
Le côté outrancier de foursquare est quelque peu rédhibitoire. Peu de personnes se sentent à l’aise avec le fait de notifier systématiquement leur entourage sur les lieux où elles se trouvent. Cependant, Foursquare procure cet avantage de recommandation « naturelle ». Explications :
Josh Bernoff de Forrester vient de publier une troisième version de sa « technographic ladder », une visualisation des différents niveaux d’engagements en ligne. La grande nouveauté cette année, a été l’ajout des « conversationnalistes », ces personnes qui aiment updater leur status Facebook pour dire ce qu’ils font, ou ce qu’ils ressentent. Le « check-in » de Foursquare (l’action qui va avertir les réseaux sociaux de l’individu, de sa position) rentre tout à fait dans cette catégorie.
Dans cet esprit, on peut considérer le fait d’utiliser Foursquare comme une forme indirecte de recommandation. Une recommandation induite : en effet, après quelques semaines d’essai, je n’ai vu que très peu de gens qui mettaient à jour leur profil pour annoncer TOUS les lieux dans lesquels ils se trouvaient. Le check-in est en quelque sorte une action signifiant déjà que l’on porte un intérêt certain au lieu où l’on se trouve, et que l’on veut en faire profiter son réseau (sinon les conversationnalistes se situeraient au niveau des collecteurs). À l’inverse, lors des ajouts de commentaires, il arrive de trouver des commentaires négatifs. Si la légende veut que les gens se plaisent à critiquer ou à exprimer leur mécontentement en ligne, il faut avouer que la plupart du temps, ils préfèrent simplement « ne rien dire » et passer dans l’oubli leurs expériences peu significatives. En revanche, si en plus de n’avoir pas été significative, l’expérience s’est avérée négative (retard, trop cuit, serveuse agressive etc…) des outils comme foursquare peuvent être une véritable épine dans le pied pour le lieu dit.
L’équation est donc simple : plus l’émotion, (positive ou négative), la satisfaction ou la déception est forte, plus la propension à « checker-in » est grande.
La suite ?
À l’heure actuelle, on peut voir quelques entreprises proposer des promotions aux utilisateurs de Foursquare, afin de stimuler leurs clients pour accroitre leur visibilité, fidéliser les dits clients, ou susciter des commentaires positifs. J’ai le plaisir de travailler depuis peu avec un commerce situé sur le Plateau Mont-Royal à Montréal, où nous avons mis en place une promo du genre. Les résultats ne sont pas encore là, mais déjà, Foursquare nous donne un coup de main, en notifiant aux gens qui passent dans la zone que la promotion est en cours.
Pour avoir échangé quelque peu avec un membre de l’équipe, de grosses évolutions arrivent : d’ici peu, chaque entreprise pourra, par elle même, élaborer des promotions qui seront notifiées automatiquement, et gérer leur base de clientèle avec une interface de metrics en tous genre.
Enfin, si l’on s’intéresse un peu à la compétition, mon avis rejoins précisément celui de Pete Cashmore : Le seul « ennemi » potentiel de Foursquare, c’est Twitter lui même.
One company may unwittingly squash Foursquare in its infancy: Twitter itself. The very service that propelled Foursquare to prominence is rapidly building out its location-based features, with a location API that directly challenges Foursquare. Twitter already has the critical mass of users and ecosystem of eager developers. If it executes correctly, the service could leave Foursquare in the dust.
Quelques sources à voir :
- Article dans The Gazette (où l’on parle de mes amis du Plateau)
- L’annonce de l’association avec Metro
- L’article de Pete C.
Et pour le plus important : si ça vous tente de passer par Montréal, je vais m’y mettre un peu plus assidument (au grand désarroi de mes potes sur Facebook, qui auront à subir un nouveau service timeline-o-phage)

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