Le fait de vivre dans une « bulle » de passionnés nous fait souvent perdre conscience de la réalité des marchés. Prenons l’exemple du Web mobile. La plupart des personnes composant mon entourage l’utilisent régulièrement et connaissent les nouveaux usages du moment. Souvent, ces usages sont extrêmement bien perçus, et nous semblent normaux… Mais, à l’échelle du grand public, ils ne représentent qu’une minorité.
Pour preuve, une étude menée par Essential Research révèle les faits suivants :
- 60% des utilisateurs de téléphone portable n’ont pas accès à Internet, et seulement 30% d’entre eux éprouvent l’envie de l’obtenir
- 76% de la totalité des propriétaires de téléphones portables n’ont jamais accédé au Web depuis un mobile
À l’inverse, en ce qui concerne les usagers, les principaux facteurs d’adoptions seraient liés à la dimension sociale apportée par ces outils, avec un beau 70% des usagers qui consomment réseaux sociaux, blogs et autres depuis leurs smartphones. (En comparaison, les mêmes usagers sont 79% à consommer du social depuis leur PC : le fossé n’est plus très grand).
Alex Charlton, associé chez essential research, commente :
There is an enormous gulf between the perceptions we hold about mobiles being a big part of our Internet lives and the reality. In fact only a small percentage of us are truly Internet mobile users and the industry has a big job to do to move mobile Internet into our everyday lives.
Avec un peu de recul, on pourrait avancer le fait suivant : le côté social du mobile n’est pas ce qui fera de cet usage, un usage grand public. C’est très bon pour la première « masse », les early adopters, mais ce n’est visiblement l’argument principal face au grand public. Au contraire, les marques peuvent inciter les utilisateurs potentiels à utiliser le Web Mobile, en proposant des avantages plus directs que le côté communicationnel. Parmi les arguments qui peuvent faire la différence, il y en a deux pour lesquels j’aurai une préférence : la géotilité, le fait d’utiliser des données géographiques pour attirer le consommateur (emplacement des points de ventes) et la promotion via mobile : par SMS, QR code ou avec des outils comme foursquare.
L’avantage de l’utilisation du web sur un téléphone doit être vraiment perceptible, car mine de rien, elle coûte beaucoup : facture, temps « d’apprentissage » et surtout volonté.
Holding back the mobile revolution are barriers intrinsic to the ability to use mobile internet services, so called “hygiene factors”; speed of connection, the cost of mobile internet and handset battery life. Tellingly, even when cost isn’t part of the equation, half of us (57%) who have tried to get online with a mobile and failed reported that they found the technology too difficult to use, access to website was impossible and the mobile internet experience didn’t meet their expectations.
There is a role for all of us to play in making the mobile internet a more attractive proposition to the mass market and the opportunity is massive. Our research highlights the task at hand to commercialise and monetise the mass mobile market and we have unique insight into what needs to happen to enable this. Brands hold the key.
La balle est dans le camp des annonceurs et des marques. Les opérateurs et fournisseurs de services ont visiblement rempli en grande partie leur part du contrat. L’usage ne doit pas être suscité par lui-même (on n’utilise pas le web mobile pour utiliser le web mobile) mais par des intervenants extérieurs…


J’ignore quelles questions exactes ont été posées lors de ce sondage. J’aurais répondu ceci:
1. Oui, j’ai « envie » de l’internet mobile.
2. Non, je ne l’utilise pas, pour des raisons essentiellement tarifaires. J’ai même supprimé la connexion 3G de mon mobile pour ne plus me faire piéger.
3. J’utilise ÉNORMÉMENT l’internet avec mon mobile, mais exclusivement en Wifi.
Le social en lui même n’attirera peut-être pas le grand public sur l’Internet mobile, mais le social + geolocalisation sans aucun doute : savoir quel est le meilleur resto autour de soi, retrouver ses potes pour une soirée, recevoir les avis de ses potes sur un bar devant lequel on se trouve… A mon avis, ça peut avoir une très forte traction sur le grand public.
Tu as lu mon article à ce sujet ?