De l’image de l’Homme dans la publicité : Fâchez-vous mesdames !
J’ai vraiment adoré le billet de Marie Claude Ducas (Rédactrice en chef d’Infopresse, l’équivalent Québécois de Stratégies) sur la disparition de « l’homme cornichon ». Vous savez, ce bonhomme un peu con, qui boit de la bière et dont toutes les blagues se terminent par un pet, figure omniprésente de la représentation masculine dans la publicité. Enfin, dans la publicité pour de la bière, des chips ect. Je pense que vous situez un peu de qui je parle.
Malgré cette tendance à la disparition du benêt, une nouvelle « race » de mâles émerge : les blasés, ou les « passif-agressif » pour reprendre l’expression de Marie-Claude. L’exemple typique, et le plus récent, c’est le spot du Superbowl pour Dodge, intitulé « Men’s Last Stand ». Le dernier espoir de l’homme, de la virilité, de la mâlitude. La vraie, celle où on a une totale emprise sur sa femme, et qu’on en est fier.
On aurait pu appeler ce spot « I’m not a douchebag anymore, but I drive one’s car ». Et je me demande bien ce qui peut passer par la tête des gens qui « conçoivent » ce type d’homme. Quand Eric Zemmour s’inquiète de la disparition de la masculinité telle qu’il la connaissait dans le premier sexe, et qu’il se pose des questions sur la féminisation de l’homme, on peut se dire que ce spot est l’exemple criant de cette génération soit-disant émasculée qui assume très mal sa place dans une société moins centrée sur l’homme des années pré-2000. Autre preuve du côté absurde et dépassé de ce spot, c’est l’argumentaire de Bob Garfiel (chroniqueur ô combien critiqué d’Adage) :
« even in a pop culture lately awash in Man liberation, this is as crystalline a proposition as you will ever find: « I carry your lip balm, I’m driving the car I want. »
Trop normal : Je mets du labello, donc je choisis la voiture. On atteint les sommets de la pertinence. Autres considérations plus réalistes de MC Ducas :
À noter quand même, quelques nouveau clichés, supposés donner une touche actuelle. Entre autres: «je vais séparer le recyclage» (je ne savais pas que les préoccupations environnementales avaient un sexe); «je vais regarder tes shows de vampires avec toi» (ça, ce n’est pas la première allusion que je vois: les filles sont maintenant supposées, par définition, «tripper» sur les shows et les films de vampire; une autre raison pour moi de me sentir à part du reste de l’humanité). Mais les vieux classiques sont encore là: «je vais mettre mes chaussettes dans le panier à lavage» (C’est supposé être un acte d’abnégation ?? Par pitié, messieurs, dites-moi que ce n’est pas vrai. C’était pour votre père. Et encore…)
Le ton est ici mieux donné, et quelques femmes, affligées par ce spot, ont poussé un peu plus loin les considérations métaphysiques de la condition masculine, telles que « je vais laver le lavabo quand je me rase » et autres « je rangerai mes chaussettes » , en exposant quelques vérités sur la condition féminine, toujours d’actualité, et légèrement plus « importantes »…
Je dois avoir quelques restes d’homme-cornichon. Je rate toujours le panier de linge sale quand j’enlève mes chaussettes et que je les-y jette (vous savez, comme un basketteur qui rate une pénalité). Je ne mange pas de fruit au petit déjeuner (enfin, si, mais du jus d’orange). Je lave mon lavabo une fois sur deux. Et je soutient qu’il n’y a rien de plus drôle qu’un pet.
La vérité, c’est que nous somme encore un peu tous des cornichons. Et si madame (ou monsieur) râle après ça, franchement, vous allez prendre cet air blasé d’ours sous Prozac toute votre vie ? Franchement, un petit « fais pas chier, c’est pas grave », ou « me casse pas les couilles, je vais le faire » de temps en temps, ça n’a jamais tué un couple… Si, mesdames, vous cherchez l’homme parfait, laissez-moi vous dire un truc : Hugh Grant, dans la vraie vie, il va aux putes. Si si.
Mais à part ça True Blood est une très bonne série.
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