Check-in : à quoi ça sert vraiment ?

Foursquare a beau être décrié comme le nouveau jouet le plus « hot » du moment, à force de l’utiliser, j’ai tendance à croire le contraire. J’ai aussi pu utiliser Brightkite ou Gowalla, mais vraiment, fondamentalement, j’accroche pas. Pourtant je crois au potentiel de telles applications, et à leur système de « rémunération »… mais à l’heure actuelle, bien honnêtement, chaque fois que check-in, c’est un peu comme si je pétais au beau milieu d’un ouragan. Et en termes de rémunération, un badge virtuel, j’ai pu voir mieux comme incitation.

Dave McClure dresse un portrait assassin de ce type de procédé, qualifiant le check-in de « Connerie pour adopteur précoce » (« Bullshit for early adopter »). Pourquoi ? Parce que les opportunités liées à l’usage des services de géo-localisation (LBS : Location Based Services) pour le grand public est nul. Parce qu’il n’y a aucun intérêt pour le commun-des-mortels-pas-geek-et-pas-marketeux de se mettre à utiliser les LBS sans incentive financière, coupons ou quelque autre récompense tangible.

« It’s just meaningless early-adopter BULLshit.
The current method of check-ins is a classic case of early-adopter lust for shiny objects, & has not a damn thing to do with long-term sustainable mainstream consumer behavior. no way any normal motherfucker is gonna do this check-in shit. Without financial incentives or discounts, there is absolutely no reason on god’s green earth to « check-in » for your stoner cousin, your luddite penny-pinching aunt, and certainly not your clueless grandmother. »

Dave McClure

L’oeuf ou la poule

Après environ une année d’existence, Foursquare a enregistré moins d’un million d’utilisateurs actifs. Il est alors extrêmement difficile pour une entreprise de se décider à prendre le tournant : pourquoi offrir une rémunération (coupon, réduction, échantillon) en échange de l’utilisation d’un service aussi peu plébiscité par le grand public ?
De plus, l’arrivée d’un joueur aussi gros que Facebook est une nouvelle à double tranchant : il sera toujours possible pour ces entreprises d’y recruter de nouveaux membres, et de lancer la machine de façon plus efficace, mais quelle serait alors la raison pour les usagers, de se tourner vers d’autres LBS que Facebook ? En étudiant la question il est difficile de trouver la réponse. On peut simplement se dire la que la solution ne se tiendra pas uniquement dans une offre de badges virtuels.

Early adopters’ feedback on existing features and push for new features might not necessarily be the feedback necessary for features that mainstream users would want or need. The push for special stamps and badges from Gowalla and Foursquare might excite early adopters, for example, but mainstream users may not find this a compelling reason to adopt a service.

Audrey Watters – RRW

Les statistiques et fonctionnalités connexes

On attend toujours les statistiques de Foursquare pour les petites entreprises. Si aucun joueur, parmi tous les LBS, ne parvient à offrir un outil de mesure décent pour observer le comportement des clients (taux de retour, de fidélisation, de nouveaux clients connectés aux anciens) il y aura toujours un manque : les mobinautes n’utiliseront pas ces services si ils ne reçoivent pas de gratifications, et les entreprises n’offriront pas de gratification sans utilisateurs. Face à ce dilemme, la seule motivation pour le second camp à faire le premier pas, c’est de pouvoir bénéficier d’outils permettant d’observer en premier lieu, le peu de clients qui sont prêts à « checker-in ». Si Facebook enclenche une machine du genre, je vois mal comment les autres pourraient survivre…