Branding the Barbecue

Ça y est. Je suis enfin l’heureux propriétaire d’un barbecue, généreusement offert par mes amis pour mon anniversaire. Un beau Weber Q200 flambant neuf, qui a servi ce soir ces premiers bouts de cochon. La possession d’un premier barbecue est une étape significative dans la vie d’un homme. Certainement pas autant que la première voiture, et encore moins que celle du premier logement, mais tout de même, certaines comparaisons significatives peuvent être faites au niveau des processus décisionnels, entre ces différents objets.

Weber Q200 portatif : Allumage facile, petite bouteille de propane, récupérateur de graisse en alu changeable/recyclable, coque et grill en fonte

C’est à peu près dans le même ordre d’importance que les appareils photos numériques, les téléphones portables, les lunettes ou même les laptops. Et je viens de réaliser un truc : l’industrie du barbecue est aussi présente en termes de branding que le reste. Pour tout vous avouer, même dans le dernier numéro de Wired, il y a un test de barbecues. C’est vous dire le côté trendy de la chose.

Contexte

Je ne sais pas si en France, la mode du barbecue everywhere est arrivé. Moi j’ai le souvenir du tonneau coupé en deux, dans lequel on fait du feu pour cuire les merguez ou le poulet (genre poteau de grève). Ici, au Canada, le barbeuc est une institution. On peut pas t’appeler « monsieur » si t’as pas de barbecue.

Cependant, j’ai pu remarquer que la tendance n’est plus nécessairement au plus gros, mais que certains aspects pratiques et ergonomiques entrent en ligne de compte. Le design et l’esthétisme, tout comme les fonctionnalités (allumage automatique, planches pliables…) sont des éléments essentiels auxquels je ne m’attendais pas. Pour moi tout était question de prix. Le moins cher fera l’affaire.

J’ai bien vite compris que mon budget ne résisterait pas au côté gadget de la chose, et que j’allais bien vite laisser mon intention première, d’acheter un modèle à 60$ qui marchait au charbon, de côté. Fuck you, branding.

Construire sa décision

Bon, ok, je l’ai pas acheté, c’est un cadeau. Mais ma copine a bien vite compris le modèle qui me plaisait, et pour cause. j’ai dû passer au moins une dizaine d’heures à spotter sur le web les meilleurs rapports qualité/prix, et à me renseigner sur ce qu’il fallait savoir. (C’est là que les sites des distributeurs entrent en jeu. La section BBQ de Canadian Tire est une perle).

Sur place, dans les magasins, c’est la même chose. Les BBQ sont étalés en épis, comme des voitures. Il manque juste la fille en bikini qui sourit comme au salon de l’automobile. L’ambiance est la même, l’état d’esprit est le même, et la pression sociale est la même. Monsieur décide, mais madame choisit la couleur. Genre.

Je m’attendais encore moins à trouver des sites de comparaison des consommateurs, avec des contributions dignes de celles qu’on trouve pour l’achat de PC ou d’automobiles. Et pourtant si : tout y est, en détail. Et la qualité des reviews est similaire à ce qu’on peut trouver sur lesnumeriques.com, par exemple.

Et à partir de là, tu commences à t’intéresser aux marques. Impossible de ne pas vouloir une marque pour budget moyen. Tu réalisess que c’est un truc qui peut foutre le feu à ta chambre, donc tu veux des garanties. Admettons que pour un prix moyen, on ait besoin d’infos sur les marques fournissant les meilleurs produits ? Bingo. Vous voyez ? Tout est là, encore.

Et on prend conscience que certaines marques (Weber, broilmaster) sont aisément comparables aux voitures. Esthétisme, innovation, fonctionnalité, rapport qualité/prix… On est dans le haut de gamme des prix moyens… Je me sens comme si j’avais acheté une mercedes classe B. Ou une Mini-Cooper. Je sais que c’est un peu cher, mais je reconnais les qualités de la chose. Et c’est joli. Et je vais avoir l’air hyper frais.

Sinon, j'ai trouvé ça, sur Facebook. Aussi bons qu'Apple en SAV.

Et puis il y a la dissonance cognitive. Ce malaise post-achat (ou post-ouverture du paquet cadeau). Est-ce que c’est bien ce que je veux ? Est-ce que je risque pas de foutre le feu ? Mes potes vont-ils se foutre moi parcequ’il est petit et de forme ovoïde ? Le goût du charbon ça va pas me manquer ?

Le fait d’avoir un produit de marque rassure énormément. Le site Web est beau, il y a des FAQ. On peut même faire appel à un représentant en cas de souci etc. On sait que le produit est assuré par un firme de qualité. C’est hyper classique, ouais, mais quand même : j’aurais jamais cru que le business du barbecue était si développé. Et plus j’y pense, plus je vois déjà Gonzague entrain de déballer son barbecue, et me dire que ça serait « logique », tellement certains aspects pointilleux des produits sont développés à un niveau similaire à celui du monde du high-tech.

Next Step

Parce que oui, quand on met un pied dans l’univers du barbecue, c’est fini. on se prend déjà à rêver de celui qu’on pourrait s’acheter quand on aura un peu plus de cash en réserve, tout comme on se prend à rêver de la Porsche qu’on pourra (ou pas) s’acheter plus tard. Et on se rend compte que le côté « Luxe » du barbecue  existe vraiment. Non, c’est vrai, regardez.

Outdoor Kitchen de la marque Beefeater. Le BBQ vaut 15K, le setup de cuisine extérieur complet monte à 50K. OUTRAGEOUS !

Le seul truc que je n’ai pas encore vu, c’est le tuning de barbecue. Mais je vous jure que le jour où quelqu’un sort des néons pour faire briller ma bouteille de propane, je suis prêt (enfin, presque) à m’en acheter.

Misc

Je vous recommande le bouquin de recettes pour BBQ aux éditions Modus Vivendi (Disclaimer : j’ai un ami qui bosse là bas et qui m’a offert le livre, mais c’est très cool et pas cher, idéal pour commencer).

Weber a un pool de 34000 fans sur Facebook. Plutôt cool pour une marque que je connaissait à peine il y a une semaine.

Si vous avez une recette originale faites-moi signe dans les commentaires.

Oui, j’ai bien écrit un article pour vous dire à quel point je suis heureux d’avoir eu un barbecue.

Si tu RT je t’invite à manger un côte de boeuf. (lol)