Social Code : l’agence Facebook du Washington Post

Le Washington Post vient d’annoncer la création de sa propre Facebook Agency, baptisée Social Code (site, fanpage). Le nom est maladroit, c’est vrai. Tout comme ses objectifs peuvent être perçus comme très réducteurs, si vous travaillez dans le digital / social media, et que pour vous cette sphère ne s’arrête pas uniquement à Facebook. (Si vous pensez pouvoir monter une simple Twitter Agency, allez-y, je ne vous en empêcherait pas).

Mais n’est pas le Washington post qui veut, et leur offre a l’air bien plus étoffée, et bâtie sur des mesures d’ordre quantitatives poussées : analyse de variance, analyse factorielle, segmentation etc. C’est en fait une offre bien plus large que la plupart des agences de social media que l’on connait, et dont ce n’est pas nécessairement le métier. La mesure est en effet laissée à l’abandon depuis un moment dans cette discipline. (Non, je ne parle pas simplement de compter le nombre de fans). C’est là que Social Code se positionne, et c’est un  »Smart Move » de la part du Washington Post. Son traffic, tout comme celui des autres médias présents en ligne, est aujourd’hui clairement dépendant de Facebook. Ils ont su développer l’analyse de ce traffic à l’interne, et comptent visiblement en faire profiter leurs clients indirects… Les clients des agences traditionnelles.

Going beyond advertising, SocialCode helps companies strategically build their Facebook presence with competitive analysis, application development, Page management, social commerce and fan monetization.

SocialCode’s performance advertising technology and the quantitative, results-driven philosophy behind it were initially developed for internal use by The Washington Post Company. Recognizing that the technology and expertise could be useful to other companies, The Washington Post Company created SocialCode as a vehicle to offer these capabilities to the broader marketplace.

Source : Business Wire Press Release

Et ce n’est pas étonnant. On parle depuis un moment du fait que les mieux placés pour produire du contenu, et des services habituellement fournis par les agences, sont bel et bien les médias eux-même, n’en déplaise aux premiers. C’était même à l’ordre du jour la semaine dernière, dans un billet passionnant signé par le président de Story Worldwide, qui s’étonnait de voir les grand consortiums de la pub tenir aussi longtemps malgré leur faible adaptation à l’environnement numérique.

The media business has been in chaos for a decade, and there’s more coming. The next big media revolution will be an escalating and increasingly bitter competition between the content creators — especially newspaper and magazine publishers — and their former friends, the traditional ad agencies, which still create and buy most print ads for their clients.

The traditional ad agencies are going to lose because creating great, engaging content is emerging as the key skill in marketing. And they don’t have it.

This is great news for the news business, which badly needs new revenue sources to replace dwindling traditional ad dollars. But it is threatening to the big ad holding companies — WPP, Omnicom, Interpublic, Publicis and their ilk — which have been dinosaur-like in adapting to a media environment that has been suddenly and radically changed by technology.

Kirk Cheyfitz – Huffington Post

Simple comparaison : Les médias « traditionnels » avec lesquels ma génération allume des feux et cale des meubles plus que ne s’instruit, tente tant bien que mal, malgré les soucis financiers qu’on leur connait, de s’adapter à leur nouveau public : tablettes, mobiles, sites de plus en plus sociaux, ouverts aux commentaires…

De l’autre côté, voici ce à quoi ressemble « tournant digital » promis par les plus grandes agences mondiales : (d’autres exemples ici)

CQFD. Je ne suis pas encore assez insider dans cette industrie pour me permettre un jugement objectif, ou pour affirmer que le déclin des agences de pub c’est pour bientôt. Mais sincèrement, les gars : si ça finit par arriver, vous l’aurez pas volé.