Darwinisme médiatique
Michael Zimbalist, directeur de la R&D du New York Times, signe un papier plutôt intéressant sur Adage aujourd’hui. Il y évoque l’évolution rapide et radicale des moyens de consommer du contenu, au travers des tonnes de gadgets mobiles qui sont apparus au cours des cinq dernières années, et compare le paysage technologique actuel avec un écosystème animal où différentes espèces « cohabiteraient ». Son point de vue anthropologique appliqué aux innovations récentes et à la consommation de médias est assez réaliste.
The future has turned out to be very different. The media marketplace now resembles an ecosystem with a variety of device « species » coexisting side-by-side. Each of these species competes for a scarce resource – our attention. Look around on you on the plane, or the bus or the train and I think you’ll agree that none of these devices appear to be going extinct anytime soon. The iPad is not killing the Kindle, nor is the Kindle laying waste all hardcovers. The analog and the digital are peacefully co-existing. Why? We are media omnivores. We like choice and variety. As a result, the media marketplace today resembles what ecologists might call an evolutionary stable state.
Paradoxically, the diversity of devices within the ecosystem may be stabilizing the old media in ways we never imagined possible. Our « ancient » belief of five years ago — that the analog media would gradually be replaced by the PC-based Internet – today seems almost quaint. It appears instead that we have reached an evolutionary stable state in an ecosystem of many different analog and digital media devices, co-existing in harmony.
On évitera de se prononcer sur le fait que l’analogique et le numérique vivraient paisiblement. On ne voudrait pas contrarier une des têtes d’un des plus grands quotidien au monde. Mais cette perspective Darwiniste, plutôt fascinante, permettrait peut-être de voir certaines thèses sur la sélection naturelle en anthropologie, s’appliquer aux problématiques des médias actuelles.
Si l’évolution veut que certaines races d’animaux ne puissent pas s’entretuer pour conserver l’espèce, les gagnants d’un combat voient généralement s’élargir leur territoire et obtiennent les faveurs de plus nombreuses femelles. (C’est marqué dans le lien cité ci-dessus, et c’est un article très sérieux). Internet serait-il un jeune mâle ayant déjà pris soin de s’imposer face à la radio et aux journaux, et qui serait entrain de livrer bataille pour notre attention, face à la télévision, sans la tuer, mais avec les mêmes armes ? (Google TV, Youtube, Hulu, Netflix…). Pourrait-on également voir une guerre plus interne au numérique ? C’est une évidence : Facebook, Apple, Goolge, Microsoft sont des races bien différentes, capables de s’accoupler si besoin, mais qui sont encore loin d’avoir laissé leur part de territoire aux autres. Les professionnels de la théorie des jeux vont avoir bien du plaisir, dans les prochaines années.
Si vous avez entendu parler de théories similaires, (anthropologie, évolution, média, sélection) et si vous avez des lectures à conseiller, je suis preneur.