Mobile et pays émergents II : Le Bengladesh

Les pays émergents me fascinent. Je vous exposait le cas Indien il y a quelques jours, pour aujourd’hui vous présenter un pays géographiquement proche, le Bengladesh. VentureBeat consacre un article sur le déploiement de services mobiles novateurs dans cette région du monde, où Kazi Islam, président de Grameenphone le premier opérateur local, tente d’importer les comportements mobiles précuseurs, de façon à améliorer le quotidien.

GrameenPhone now provides a range of services which go way beyond the traditional scope of a mobile carrier. One of the most popular is BillPay. Paying a utility bill in Bangladesh, and many emerging companies, is an arduous business involving hours of queueing to pay the bill and then queueing again to confirm that the money was received by the utility.

BillPay allows instant payment via mobile. Islam told me that a surprising side effect is that “people are voluntarily going and paying. Before people would put it off. From the government side their revenue went up significantly.”

Buying a train ticket used to take a whole day. Now 50 percent of all train tickets are sold through mobile services and a huge number of tickets can be sold in a matter of hours. Grameenphone also provides a hotline where farmers can get advice on problems with their crops. “60 percent of our employment is agri-based. If your crop is infected, for example, you have no way of finding out what is really happening. You can make a phone call and describe. You can take a photo on a mobile phone and send it in an MMS”.

Mon premier réflexe est de pense à la théorie de la diffusion des innovations de Rogers, et à une de ses principales composantes : l’utilité perçue (relative advantage). Retirer de l’argent au coin de la rue est devenu monnaie courante chez nous : nul doute que le mobile banking souffrira du manque d’utilité perçu par le grand public. Dans un pays où le retrait comme le paiement sont un calvaire (selon les dires d’Islam) nul doute que l’adoption sera bien plus rapide que la nôtre, et contribuera de façon encore plus massive aux bienfaits de la population.

Et c’est là un prémisse plutôt navrant pour nos pays développés d’oublier ces territoires, où, même si la culture est différente, les opportunités sont elles, bien réelles. Le terrain de jeu est immense, libre, et les populations fondamentalement plus prêtes, plus « demandantes » en innovation, que nos pays où tout est déjà disponible.

When I asked Islam about the technology sectors in which emerging countries will lead his answer was emphatic: “Everything”. While developed countries have made huge investments in infrastructure like fixed line telephony, emerging markets are an open field. “In Bangladesh there are less than 250,000 fixed line phones but there are 66 million mobile phones. Emerging markets will dominate in line of what innovations succeed in the future. Mobile is a big example of it”. Bangladesh also has one of the largest deployment of individual solar home systems covering 300,000 rural homes. How is this possible when people are only making a dollar a day? According to Islam, entrepreneurs have developed new business models as well as technology to sell to this market.

Voir ces pays comme un « laboratoire » serait en revanche une bien grossière erreur. Leur appréhension de la technologie est bien différente de la notre. Elle est quasiment salvatrice dans certains cas (les pêcheurs africains qui spéculent par SMS sur le prix du poisson en fonction des ports, par exemple…)

C’est peut-être un moyen de combiner business et bonne conscience, qui sait…

Vous connaissez une association qui récupère des filter phones ou qui s’investit dans les technologies mobiles dans les pays émergents ? N’hésitez pas à me donner des infos en commentaire, je suis plus qu’intéressé.

Source image : One World South Asia