Mobile : l’urgence

On le sait tous : les sondages commanditées auront toujours tendance à faire ressortir les ambitions de leurs commanditaires en fin de compte. Churchill déclarait ne croire que le statistiques qu’il avait lui-même falsifiées, et souvent, force est de constater que les études marketing portent ce biais, non pas de falsification mais d’interprétation , qui rend moins crédibles leurs résultats.

Cependant, certains chiffres sont criants, comme l’urgence dans laquelle se trouvent les marques, détaillants et entreprises en tout genre face au mobile.

Il y a quelques jours, mon ami et collègue Yasha me décrivait ce qu’il considérait être le shopping sur mobile. Selon lui, l’aide à la décision dans le processus menant à l’achat, doit être considéré comme une partie intégrante du shopping, et il faut à tout prix éviter de considérer la simple transaction via un smartphone comme étant « le fait de faire du shopping mobile ».

Une étude demandée par Google et la mobile Marketing Association affirme que plus de 40% des mobinautes se sont servis de leur téléphone au cours d’au moins un processus de consmmation, comme nous révèle un article aujourd’hui publié dans Stratégies.

 

Ces annonceurs qui peinent à épouser le rythme effréné des innovations technologiques ont cependant quelques excuses. Les plates-formes multiples (Apple, Android, Windows Mobile et Blackberry) obligent les marques à développer une application pour chacune, sans oublier les versions pour les tablettes, et bientôt pour la télévision connectée. Autant de coûts supplémentaires par rapport à un site de marque classique qui expliquent en partie ce retard à l’allumage des entreprises européennes pointé par deux autres études récentes.

Une enquête commandée par Google et la Mobile Marketing Association (voir encadré) montre que 12% des sociétés françaises ont développé un site mobile (43% au Japon, 32% aux États-Unis), 18% disposent d’une application mobile et seulement 9% des décideurs médias se disent familiers avec la publicité sur mobile. Enfin, près de 60% des entreprises interrogées ne savent pas comment intégrer le mobile à leur modèle économique.

 

42% des mobinautes déclarent utiliser leur smartphone pendant au moins une étape de leurs achats (avant, pendant et/ou après) et 18% achètent des produits depuis leur mobile, confirmant les chiffres de l’étude Weber Shandwick.

Patrick Cappelli, Stratégies

Je n’ai aucun problème à avouer que les entreprises soient tourmentées par la croissance phénoménale, et l’avancée frénétique des technologies actuelles. Cependant, cet article souligne une erreur de perception : développer une application, ou des contenus compatibles pour chaque support mobile, ne nécessite pas de re-créer systématiquement le dit contenu pour chaque support. Bien pensé, les coût liés à l’inter-opérabilité restent mineurs.

Du html simple permet une compatibilité aujourd’hui cruciale pour les budgets non-extensibles. En revanche, penser son contenu pour chaque support est essentiel. Penser son site web pour la mobilité est une décision non-négociable. Penser ses présences sur les applications mobiles en tout genre (shopping; géolocalisation, Facebook) également.

Le consommateur ne demande pas nécessairement à être « blasté » par des jeux, ou des applications complexes… Mais le simple fait trouver une information, dans un contexte de mobilité (peu d’implication, rapide, pertinent, géo-localisé) serait déjà un pansement à cette plaie, en attendant que l’offre évolue du côté des fournisseurs de services de contenus mobiles.